Particuliers · Assurance habitation

    Attestation d'assurance habitation du locataire : ce qu'elle contient, qui la délivre, quand la fournir

    Vous signez votre premier bail à votre nom et l'agence exige une attestation d'assurance habitation avant de vous remettre les clés, souvent sous quelques jours. Cette page dit ce que la loi impose exactement, ce que les agences vérifient en pratique sur l'attestation, qui la délivre et de quoi dépend son délai, et ce qui se passe si vous ne la fournissez pas.

    L'essentiel en quatre points

    • Le locataire doit s'assurer contre les risques dont il répond en sa qualité de locataire et en justifier lors de la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur. La justification résulte de la remise d'une attestation de l'assureur ou de son représentant (loi du 6 juillet 1989, article 7 g).
    • Les risques locatifs obligatoires couvrent les dommages causés au logement par un incendie, une explosion ou un dégât des eaux. Ce minimum n'indemnise pas vos meubles ni vos affaires : c'est la garantie du contenu, optionnelle, qui le fait (fiche service-public F31300).
    • Sans attestation, et après une mise en demeure restée sans effet pendant un mois, le bailleur peut souscrire une assurance pour votre compte et en récupérer la prime par douzième avec le loyer, majorée au plus de 10 % (décret n° 2016-383 du 30 mars 2016). Une clause de résiliation du bail pour défaut d'assurance ne joue qu'un mois après un commandement resté infructueux.
    • L'attestation est délivrée par l'assureur ou son représentant, jamais par le courtier en son nom propre, après la signature du contrat et dans un délai qui lui est propre. Elle porte la date d'effet, que nous fixons au jour de la remise des clés, et nous vous indiquons ce délai avant de signer.

    Ce que la loi impose au locataire, mot pour mot

    L'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 liste les obligations du locataire. Son g) est court : s'assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire, et en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur. La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d'une attestation de l'assureur ou de son représentant.

    Deux conséquences pratiques. D'abord, c'est à la remise des clés que l'attestation est due : pas à la signature du bail, ni à la visite. Un bailleur ou une agence peut la demander avant, mais le texte fixe l'échéance au jour où vous entrez dans les lieux. Ensuite, elle est due chaque année, à la demande du bailleur : conservez l'attestation annuelle, que vous pouvez demander à votre assureur ou à nous.

    Le texte s'applique aux locations vides et, par renvoi des articles 25-3 et 25-12 de la même loi, aux locations meublées à titre de résidence principale et au bail mobilité.

    Ce que couvrent les « risques locatifs », et ce qu'ils ne couvrent pas

    Les risques dont un locataire répond sont ceux qu'il peut causer au logement qu'il occupe : la fiche du service public consacrée à l'obligation d'assurance du locataire les résume à l'incendie, l'explosion et le dégât des eaux. C'est la seule couverture que la loi exige. Un contrat limité aux risques locatifs remplit l'obligation, et permet d'obtenir une attestation.

    Ce minimum ne vous indemnise pas. Si un dégât des eaux venu de l'étage abîme votre canapé et votre ordinateur, les risques locatifs ne paient rien pour vos biens : ils paient les dommages au logement dont vous seriez responsable envers le propriétaire. Pour vos affaires, il faut la garantie du contenu (le « mobilier »), avec un capital déclaré, une franchise et, souvent, des conditions pour le vol selon l'étage et les moyens de fermeture.

    Un contrat multirisque habitation de locataire regroupe en général les trois : risques locatifs, responsabilité civile vie privée, et contenu. C'est ce que demandent la plupart des agences quand elles écrivent « attestation multirisque », même si la loi n'exige que le premier bloc (article 7 g). Le bailleur ne peut pas vous imposer un assureur : la clause d'un bail qui vous obligerait à souscrire auprès d'une compagnie qu'il a choisie est réputée non écrite (loi du 6 juillet 1989, article 4 b). Aucun texte ne vous oblige à souscrire des garanties au-delà des risques locatifs ; en pratique, une agence peut souhaiter que l'attestation mentionne aussi la responsabilité civile et le contenu, et un contrat multirisque les inclut de toute façon.

    Ce que les agences vérifient en pratique sur l'attestation

    Aucun texte ne fixe un modèle d'attestation d'assurance habitation. La loi exige seulement qu'elle émane de l'assureur ou de son représentant. En pratique, une agence vérifie une liste courte ; c'est celle que nous relisons avec vous dès réception, avant la remise à l'agence.

    • Le nom de l'assureur, avec son adresse et son numéro d'agrément ou d'immatriculation.
    • Votre nom, exactement comme sur le bail. Pour un couple ou une colocation, le nom de chaque locataire signataire, ou une attestation par personne selon ce que demande l'agence.
    • L'adresse complète du logement assuré, étage et numéro d'appartement compris, identique à celle du bail.
    • Le numéro du contrat et sa date d'effet : elle doit être au plus tard le jour de la remise des clés.
    • La période de validité, en général une année à compter de la date d'effet.
    • La mention des garanties souscrites, avec au moins les mots « risques locatifs » ou « responsabilité civile locative » ; le cas échéant, la responsabilité civile et le contenu.

    Avant ou après la signature du bail : la chronologie qui marche

    La chronologie qui ne pose aucun problème est celle-ci : le bail est signé, ou au moins la date d'entrée est connue ; vous souscrivez le contrat en indiquant cette date comme date d'effet ; l'assureur émet l'attestation ; vous la remettez à l'état des lieux d'entrée, au moment des clés. Vous pouvez souscrire avant la signature du bail dès que l'adresse et la date d'entrée sont fixées : la date d'effet est simplement décalée au jour des clés, dans les limites prévues par l'assureur.

    Le point qui bloque, quand il bloque, est la date d'effet. Une attestation datée du 1er du mois pour une remise des clés le 28 du mois précédent ne couvre pas les trois jours d'écart, et une agence attentive la refusera. À l'inverse, une date d'effet antérieure aux clés vous fait payer des jours pour un logement que vous n'occupez pas encore. Nous calons la date d'effet sur le jour exact de la remise des clés.

    Si vous quittez une colocation ou le contrat de vos parents, prévenez-nous : sortir d'un contrat existant obéit à ses propres règles, et il vaut mieux un chevauchement d'un jour qu'un trou de couverture.

    Ce qui se passe si vous ne fournissez pas l'attestation

    L'article 7 g organise deux réponses pour le bailleur. La première est la résiliation du bail : toute clause prévoyant la résiliation de plein droit pour défaut d'assurance ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux, et ce commandement doit reproduire le texte à peine de nullité. Vous avez donc un mois, après un acte formel, pour régulariser.

    La seconde est l'assurance pour compte. À défaut de remise de l'attestation et après un délai d'un mois à compter d'une mise en demeure restée sans effet, le bailleur peut souscrire lui-même une assurance pour votre compte, limitée à la responsabilité locative. Cette mise en demeure vaut renoncement à la clause de résiliation. Le montant de la prime annuelle, éventuellement majoré dans la limite de 10 % fixée par le décret n° 2016-383 du 30 mars 2016, est récupérable par douzième à chaque paiement du loyer, et inscrit sur la quittance. Une copie du contrat vous est transmise.

    Dès que vous remettez une attestation, le bailleur doit résilier le contrat souscrit pour votre compte dans le délai le plus bref permis. Dans le second cas, la prime est récupérée sur vous, éventuellement majorée dans la limite de 10 %, et le contrat souscrit pour votre compte ne couvre que votre responsabilité locative, jamais vos biens.

    Vous emménagez cette semaine : le circuit réel jusqu'à l'attestation

    Une attestation « immédiate » suppose un contrat signé sans en avoir lu les conditions. Le seul délai que nous nous engageons à tenir est le rappel sous 24 h ouvrées ; le reste dépend de votre réactivité et de l'assureur retenu, qui émet l'attestation dans un délai qui lui est propre et que nous vous indiquons avant la signature.

    Pour tenir une échéance courte, trois choses comptent : l'adresse exacte et la date des clés dès le premier message, une signature électronique le jour même du rappel, et l'attestation relue avec nous avant la remise à l'agence. L'assureur l'émet après la signature, avec la date des clés comme date d'effet, et vous la recevez directement par courriel. Le déroulé complet figure plus bas, dans « Ce qui se passe après votre demande ».

    Si votre échéance est à trois jours, dites-le dès le premier message : nous traitons la demande en priorité et nous choisissons, à garanties égales, l'assureur dont le délai d'émission de l'attestation est le plus court.

    Votre demande, concrètement

    Ce que nous vous demanderons

    Peu de choses, et rien qui ne soit déjà dans votre bail ou votre dossier de location. Tout s'envoie par courriel ou par WhatsApp.

    • L'adresse exacte du logement, l'étage, la surface et le nombre de pièces, tels qu'ils figurent au bail.
    • La date de remise des clés ou de l'état des lieux d'entrée : c'est la date d'effet du contrat.
    • Votre identité et celle des colocataires ou du conjoint qui signent le bail, pour que les noms de l'attestation correspondent.
    • Une estimation de la valeur de vos biens (meubles, électroménager, informatique, vêtements) si vous souhaitez la garantie du contenu.
    • Un relevé d'identité bancaire au moment de la souscription, pas avant.

    Ce qui se passe après votre demande

    Vous décrivez le logement dans le simulateur habitation, par le formulaire de contact ou par téléphone, avec la date des clés. Aucun tarif ne s'affiche : la prime dépend du logement, de l'étage, du capital mobilier et de la franchise.

    1. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées, plus vite si vous nous signalez une remise des clés imminente. Vos coordonnées ne sont transmises qu'à l'assureur retenu, pour la souscription, et jamais à des tiers à des fins de démarchage.
    2. Nous vous présentons deux ou trois contrats, avec les garanties, la franchise, le plafond mobilier et les conditions du vol selon l'étage.
    3. Vous choisissez et signez électroniquement. Rien n'est signé en ligne sans que vous ayez vu les conditions.
    4. L'assureur émet l'attestation après la signature, dans un délai qui lui est propre, avec la date d'effet fixée au jour des clés, et vous l'envoie par courriel. Nous la relisons avec vous avant que vous la remettiez à l'agence. Chaque année, à la demande du bailleur, nous vous aidons à obtenir la nouvelle attestation auprès de l'assureur.

    Décrire mon logement

    Vos questions

    En général, oui. La plupart des contrats permettent de fixer une date d'effet postérieure à la signature, dans les limites prévues par l'assureur ; nous la calons sur le jour des clés. L'attestation mentionne cette date d'effet même si le contrat a été signé plus tôt, et vous ne payez pas de jours avant l'entrée dans les lieux.

    Cela dépend de ce que prévoit le bail. En pratique, pour un bail unique signé par plusieurs colocataires, les agences acceptent une attestation qui nomme tous les colocataires ou une attestation par colocataire pour le même logement ; pour un bail individuel sur votre chambre, il vous faut une attestation à votre nom pour votre lot. En colocation, le bail peut aussi prévoir que le bailleur souscrit lui-même une assurance pour compte, récupérable sur les colocataires ; vous pouvez y mettre fin dans les conditions de l'article 7 g, en remettant votre propre attestation (loi du 6 juillet 1989, article 8-1 IV). Dans tous les cas, l'adresse et les noms doivent correspondre exactement au bail.

    La loi n'impose que l'assurance des risques dont vous répondez comme locataire, c'est-à-dire les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux), selon l'article 7 g. Le bailleur ne peut pas vous imposer un assureur : la clause qui vous obligerait à souscrire auprès d'une compagnie qu'il a choisie est réputée non écrite (article 4 b). Aucun texte ne vous oblige à souscrire des garanties supplémentaires ; en pratique, un contrat multirisque de locataire les inclut de toute façon, et c'est la garantie du contenu qui protège vos biens à vous. Le détail figure plus haut, dans « Ce que couvrent les risques locatifs ».

    L'assureur, ou son représentant, jamais le courtier en son nom propre. Elle est émise après la signature électronique du contrat, dans un délai qui lui est propre, et mentionne la date d'effet convenue, calée sur le jour des clés. Nous vous indiquons le délai réel de l'assureur retenu avant de signer et, si votre échéance est proche, nous choisissons, à garanties égales, celui dont le délai est le plus court.

    Le bailleur ne peut agir qu'après un acte formel. Une clause de résiliation du bail pour défaut d'assurance ne joue qu'un mois après un commandement demeuré infructueux. L'assurance pour votre compte suppose une mise en demeure restée sans effet pendant un mois, et sa prime, majorée au plus de 10 % (décret du 30 mars 2016), est récupérée par douzième avec le loyer. Dès que vous remettez une attestation, il doit résilier cette assurance pour compte.

    Le nom de l'assureur, votre nom tel qu'il figure au bail, l'adresse complète du logement avec l'étage, le numéro du contrat, la date d'effet au plus tard le jour des clés, la période de validité et la mention des garanties, au minimum les risques locatifs. Aucun texte ne fixe de modèle : c'est cette liste que nous relisons avec vous avant la remise à l'agence, et vous pouvez nous envoyer une attestation existante à vérifier.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7 (g)

      Obligation du locataire de s'assurer contre les risques locatifs et d'en justifier par une attestation de l'assureur ou de son représentant à la remise des clés puis chaque année ; clause résolutoire effective un mois après commandement ; assurance pour compte après mise en demeure d'un mois, prime majorée dans la limite d'un décret et récupérable par douzième.

      Consulté le .

    2. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 4 (b)

      Est réputée non écrite la clause par laquelle le locataire est obligé de souscrire une assurance auprès d'une compagnie choisie par le bailleur.

      Consulté le .

    3. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 8-1 (IV)

      En colocation, les parties peuvent convenir dans le bail de la souscription par le bailleur d'une assurance pour compte récupérable auprès des colocataires, dans les conditions du g de l'article 7 ; les colocataires peuvent en provoquer la résiliation dans les mêmes conditions.

      Consulté le .

    4. Décret n° 2016-383 du 30 mars 2016, article 1er

      La prime annuelle de l'assurance pour compte mentionnée au g de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 peut être majorée dans la limite de 10 % de son montant.

      Consulté le .

    5. Service-public.fr — Obligation du locataire : assurance habitation couvrant les risques locatifs (fiche F31300, vérifiée le 16 avril 2025)

      Contenu minimal des risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux), remise de l'attestation aux clés puis chaque année, majoration maximale de 10 % de la prime de l'assurance pour compte, renvoi aux articles 7, 25-3 et 25-12 de la loi de 1989 et au décret du 30 mars 2016.

      Consulté le .

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    Vous indiquez l'adresse, la surface et la date de remise des clés. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées, avec deux ou trois contrats ; l'assureur émet ensuite l'attestation, dans un délai qui lui est propre, avec la date d'effet fixée au jour des clés. Vous pouvez aussi nous envoyer une attestation existante à vérifier par WhatsApp. Étude gratuite, sans engagement, sans démarchage.