Particuliers et professionnels

    Comparer soi-même ses contrats d'assurance : la méthode, garantie par garantie

    Comparer deux contrats ne se fait pas sur la prime. Cela se fait sur ce que chaque contrat paie, à quelles conditions, avec quelle franchise et sous quelles exclusions. Voici la méthode que le cabinet applique, et que vous pouvez appliquer vous-même.

    L'essentiel en quatre points

    • Avant de signer, l'assureur doit vous remettre une fiche d'information sur le prix et les garanties, ainsi qu'un projet de contrat ou une notice décrivant précisément les garanties, les exclusions et vos obligations (code des assurances, article L112-2).
    • Pour tout contrat non-vie, un document d'information normalisé sur le produit vous est fourni avant la signature. C'est un document court qui résume ce qui est couvert, ce qui ne l'est pas et les principales restrictions.
    • Vous devez répondre exactement aux questions de l'assureur. Une fausse déclaration intentionnelle rend le contrat nul (article L113-8) ; une omission de bonne foi réduit l'indemnité en proportion (article L113-9).
    • Un intermédiaire, courtier ou plateforme, doit vous conseiller par écrit un contrat cohérent avec vos besoins et motiver ce conseil (article L521-4). Comparer seul ne vous prive pas de ce droit.

    Étape 1 : réunir les bons documents

    Comparer suppose de lire les mêmes documents pour chaque contrat. Le code des assurances vous en garantit plusieurs. L'article L112-2 impose à l'assureur de fournir, avant la conclusion du contrat, une fiche d'information sur le prix et les garanties, puis un exemplaire du projet de contrat et de ses annexes, ou une notice qui décrit précisément les garanties assorties des exclusions et vos obligations.

    Pour un contrat non-vie, le même article impose au distributeur de vous remettre un document d'information normalisé sur le produit, élaboré par l'assureur. C'est le document le plus court et le plus lisible : il résume ce qui est assuré, ce qui ne l'est pas et où s'appliquent les restrictions.

    Pour un contrat comportant des garanties de responsabilité, l'assureur remet en plus une fiche décrivant le fonctionnement dans le temps des garanties, selon qu'elles sont déclenchées par le fait dommageable ou par la réclamation. Ce point compte pour les professionnels.

    Pour un contrat en cours, réunissez les conditions générales, les conditions particulières et le dernier avis d'échéance. Les conditions particulières priment sur les conditions générales : c'est là que figurent vos capitaux, vos franchises et les options réellement souscrites.

    • Conditions générales : le contrat type de l'assureur, commun à tous ses clients.
    • Conditions particulières : votre contrat, avec les garanties choisies, les montants et les franchises.
    • Document d'information normalisé : le résumé remis avant la signature.
    • Avis d'échéance : la prime, sa décomposition et le rappel du droit de résiliation.
    • Tableau de garanties : souvent annexé aux conditions générales, il liste plafonds et franchises par garantie.

    Étape 2 : construire une grille, une ligne par garantie

    Prenez une feuille ou un tableur. Une ligne par garantie. Une colonne par contrat. Pour chaque case, notez cinq éléments : l'objet exact de la garantie, le plafond, la franchise, les exclusions principales et le délai de carence s'il existe.

    L'objet de la garantie est ce que le contrat s'engage à payer. « Dégât des eaux » ne dit pas si les infiltrations par toiture sont couvertes. « Vol » ne dit pas si le vol sans effraction l'est. Cherchez la définition dans les conditions générales, pas dans le titre.

    Le plafond est le montant maximal indemnisé. Il peut être exprimé par sinistre, par année, par objet ou en pourcentage du capital. Deux contrats affichant « objets de valeur couverts » peuvent plafonner à des montants très différents.

    La franchise est ce qui reste à votre charge. Elle peut être fixe, proportionnelle, ou variable selon la garantie. Un contrat moins cher avec une franchise plus élevée n'est pas moins cher au moment du sinistre.

    Les exclusions sont les cas où la garantie ne joue pas. Elles sont listées dans les conditions générales, souvent en fin de chapitre. Lisez-les pour les garanties qui comptent le plus pour vous.

    Le délai de carence est la période après la souscription pendant laquelle une garantie ne s'applique pas encore. Il est fréquent en santé, en prévoyance et sur certaines garanties habitation.

    Étape 3 : les points que les tableaux ne montrent pas

    Certains éléments ne rentrent pas dans une case et changent pourtant tout au sinistre. Ils demandent de lire le texte.

    • Le mode d'indemnisation : valeur à neuf, valeur d'usage avec vétusté, valeur agréée. Deux contrats « tous risques » peuvent indemniser le même véhicule à des montants différents.
    • Les conditions de la garantie : le vol peut exiger des traces d'effraction, un système d'alarme, une durée maximale d'inoccupation du logement. Si la condition n'est pas remplie, la garantie ne joue pas.
    • La territorialité : où la garantie s'applique. En France, en Europe, dans le monde, avec ou sans limite de durée de séjour.
    • Les personnes assurées : le conducteur occasionnel, le conjoint, les enfants étudiants, le locataire d'une chambre.
    • L'assistance : ce qui la déclenche (panne, accident, à partir de quelle distance du domicile), ce qu'elle paie et pendant combien de temps.
    • La protection juridique : les seuils d'intervention, les plafonds de frais, les domaines exclus.
    • Le déclenchement de la garantie responsabilité : par fait dommageable ou par réclamation, avec ou sans reprise du passé. C'est la fiche prévue à l'article L112-2 qui l'explique.

    Étape 4 : vérifier ce que vous avez déclaré

    Un contrat est établi sur vos déclarations. L'article L113-2 du code des assurances vous oblige à répondre exactement aux questions posées par l'assureur lors de la souscription, et à déclarer sous quinze jours les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent un nouveau.

    Comparer, c'est aussi relire ce qui a été déclaré. Une surface de logement sous-estimée, une dépendance oubliée, un usage professionnel du véhicule non signalé, un conducteur principal qui n'est pas le vrai : ces écarts n'apparaissent pas dans la prime, ils apparaissent au sinistre.

    Les conséquences sont écrites. L'article L113-8 rend le contrat nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle qui change l'objet du risque, même si l'élément omis n'a eu aucune influence sur le sinistre. Les primes payées restent acquises à l'assureur.

    L'article L113-9 traite l'omission de bonne foi. Constatée avant sinistre, l'assureur peut maintenir le contrat avec une prime augmentée ou le résilier. Constatée après sinistre, l'indemnité est réduite en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues.

    Ces deux articles sont la raison pour laquelle un contrat moins cher obtenu avec une déclaration approximative n'est pas une bonne affaire. La prime est une promesse conditionnelle. La condition est l'exactitude de ce que vous avez dit.

    Étape 5 : changer, ou ne pas changer

    Une fois la grille remplie, la décision se prend sur les lignes qui comptent pour vous, pas sur le total de la prime. Un contrat qui couvre mieux les deux risques les plus probables pour votre situation vaut mieux qu'un contrat qui couvre un peu tout.

    Si vous changez, l'article L113-15-2 permet aux particuliers de résilier sans frais, à tout moment après la première année, la plupart des contrats reconduits tacitement. La résiliation prend effet un mois après réception par l'assureur. Pour l'assurance auto et l'assurance habitation du locataire, le nouvel assureur fait les formalités à votre place.

    Vérifiez la continuité. Le nouveau contrat doit prendre effet le jour où l'ancien s'arrête, sans trou. Vérifiez aussi les délais de carence du nouveau contrat : une garantie qui ne joue pas pendant trois mois est une garantie que vous n'avez pas encore.

    Si vous ne changez pas, gardez la grille. Elle vous servira à l'échéance suivante, et elle documente votre choix.

    Ce que le courtier ajoute à cette méthode

    La méthode ci-dessus est celle du cabinet. Ce qu'un courtier ajoute n'est pas une méthode différente, c'est du temps, de l'habitude et un accès.

    Le temps : lire trois jeux de conditions générales prend plusieurs heures à qui ne le fait pas tous les jours. L'habitude : savoir où chercher la clause d'inoccupation, la définition de l'invalidité ou le mode de calcul de la vétusté. L'accès : interroger plusieurs compagnies sur un descriptif de risque validé et recevoir des propositions comparables.

    Le courtier a aussi une obligation que vous n'avez pas envers vous-même. L'article L521-4 lui impose de formaliser vos exigences et vos besoins par écrit, puis de conseiller un contrat cohérent en précisant ses raisons. Ce document vous engage moins que lui : il en répond.

    Il est rémunéré par commission incluse dans la prime, ce qu'il doit vous indiquer avant la signature en application de l'article L521-2. Chez ONASSUR, la lecture de vos contrats est gratuite et sans engagement. Si vos contrats sont bons, l'avis écrit le dit.

    Ce que vous pouvez faire seul, ce que le courtier ajoute

    Les cellules décrivent ce que la loi impose ou ce que le mode d'intervention permet. « Selon la plateforme », « selon l'agent » ou « selon la banque » signifie que le texte ne l'impose pas et que la pratique varie : vérifiez-le auprès de l'intermédiaire concerné.

    Ce que vous pouvez faire seul, ce que le courtier ajoute
    CritèreCourtierVous-même
    Obtenir les documents précontractuels (fiche, notice, document normalisé)Oui : le courtier les demande et les litOui, obligation légale de l'assureur envers vous (art. L112-2)
    Lire les conditions générales et particulières garantie par garantieOui, c'est la méthode du cabinetOui, avec du temps ; les documents sont à vous
    Repérer plafonds, franchises, exclusions et délais de carenceOuiOui, à condition de chercher les définitions dans le texte et non dans les titres
    Repérer le mode d'indemnisation (valeur à neuf, vétusté, valeur agréée)OuiOui, si vous savez où le chercher ; c'est souvent en annexe
    Interroger plusieurs compagnies sur un même descriptif de risqueOui, avec les compagnies dont il a le codePartiellement : chaque assureur a son propre formulaire, les réponses ne sont pas toujours comparables
    Vérifier l'exactitude de la déclaration du risque (art. L113-2)Oui, à partir de vos piècesOui, et c'est votre responsabilité dans tous les cas
    Recevoir un conseil écrit et motivé (art. L521-4)Oui, obligation légaleNon prévu : vous ne vous devez pas de conseil formalisé
    Qui répond du conseilLe courtier, sur sa responsabilité professionnelleVous-même
    Résilier pour changer (art. L113-15-2)Oui : le courtier rédige ou fait faire les formalitésOui, par lettre après un an ; le nouvel assureur s'en charge en auto et habitation locataire
    CoûtCommission incluse dans la prime, annoncée avant la signature (art. L521-2) ; lecture gratuite chez ONASSURVotre temps
    Suivi au sinistreOui : réception, vérification et suivi de la déclarationVous traitez directement avec l'assureur

    Questions fréquentes

    Les conditions générales, les conditions particulières et le document d'information normalisé sur le produit. L'article L112-2 du code des assurances impose à l'assureur de vous remettre avant la signature une fiche sur le prix et les garanties, ainsi qu'un projet de contrat ou une notice décrivant les garanties, les exclusions et vos obligations.

    Par les garanties. Construisez une grille avec une ligne par garantie et, pour chaque contrat, l'objet exact, le plafond, la franchise, les exclusions et le délai de carence. Le prix se compare ensuite, entre contrats qui couvrent la même chose.

    La franchise est la somme qui reste à votre charge lors d'un sinistre. Un contrat moins cher avec une franchise plus élevée coûte moins à la souscription et plus au sinistre. Comparez-la garantie par garantie, car elle varie souvent selon la garantie à l'intérieur d'un même contrat.

    Tout dépend de l'intention. Une fausse déclaration intentionnelle rend le contrat nul et les primes restent acquises à l'assureur (article L113-8). Une omission de bonne foi découverte après un sinistre réduit l'indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (article L113-9).

    Pour la plupart des contrats des particuliers reconduits tacitement, oui, après la première année et sans frais (article L113-15-2 du code des assurances). La résiliation prend effet un mois après réception par l'assureur. En auto et en habitation locataire, le nouvel assureur fait les démarches.

    À faire la même chose plus vite, avec l'habitude des clauses et l'accès à plusieurs compagnies sur un descriptif de risque validé. Il vous doit en plus un conseil écrit et motivé (article L521-4) dont il répond. Chez ONASSUR, la lecture de vos contrats est gratuite, et l'avis peut conclure que vos contrats sont bons.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Code des assurances, article L112-2

      Fiche d'information sur le prix et les garanties, projet de contrat ou notice décrivant garanties et exclusions, document d'information normalisé pour les contrats non-vie, fiche sur le déclenchement des garanties de responsabilité.

      Consulté le .

    2. Code des assurances, article L113-2

      Obligations de l'assuré : payer la prime, répondre exactement aux questions, déclarer sous quinze jours les circonstances nouvelles, déclarer le sinistre dans le délai du contrat.

      Consulté le .

    3. Code des assurances, article L113-8

      Nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle ; primes acquises à l'assureur.

      Consulté le .

    4. Code des assurances, article L113-9

      Omission ou déclaration inexacte de bonne foi : maintien avec surprime ou résiliation avant sinistre, réduction proportionnelle de l'indemnité après sinistre.

      Consulté le .

    5. Code des assurances, article L113-15-2

      Résiliation sans frais à tout moment après la première année pour les contrats des particuliers tacitement reconductibles ; formalités par le nouvel assureur en auto et habitation locataire.

      Consulté le .

    6. Code des assurances, article L521-2

      Information due par l'intermédiaire avant la signature, notamment sur la base de sa rémunération.

      Consulté le .

    7. Code des assurances, article L521-4

      Devoir de conseil de tout distributeur : besoins écrits, information objective, contrat cohérent et motivé.

      Consulté le .

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