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    RC pro et garantie décennale : comparateur en ligne ou courtier ?

    La décennale est une obligation légale sanctionnée pénalement ; elle se souscrit sur dossier, avec une attestation à joindre aux devis et aux factures (article L243-2 du code des assurances). La RC pro dépend de l'activité exercée. Cette page explique ce qu'un dossier change par rapport à un formulaire.

    L'essentiel en quatre points

    • Toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée sur le fondement des articles 1792 et suivants du code civil doit être assurée, et doit le justifier à l'ouverture de tout chantier (code des assurances, article L241-1).
    • L'attestation d'assurance est jointe aux devis et aux factures. Son modèle et ses mentions minimales sont fixés par arrêté (article L243-2). Un client ou une plateforme peut l'exiger avant de signer.
    • Le défaut d'assurance décennale est puni de six mois d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, ou de l'une de ces deux peines (article L243-3).
    • La RC professionnelle n'est pas obligatoire pour toutes les activités. Elle l'est pour les activités réglementées : la fiche du service public consacrée aux micro-entrepreneurs cite la décennale pour le bâtiment et la responsabilité civile médicale pour la santé ; pour les professions de l'immobilier, c'est l'article 3 de la loi du 2 janvier 1970 qui l'exige.

    Pourquoi la décennale se souscrit sur dossier

    Un comparateur fonctionne quand le risque se décrit par un formulaire et se tarifie automatiquement. La décennale d'un artisan ne remplit pas ces conditions. Ce n'est pas un jugement sur un canal : c'est la description de deux processus.

    Une décennale se souscrit sur dossier : activités exactes, expérience, chiffre d'affaires par activité, sinistralité, qualifications. La compagnie accepte ou refuse, et demande souvent des précisions. Ce processus ne tient pas dans une page de résultats classée par prix.

    Le formulaire d'un comparateur peut proposer à l'artisan une RC pro générique, ou le renvoyer vers un partenaire pour la décennale. Ce que la loi exige, c'est qu'à l'ouverture du chantier, le contrat couvre les activités réellement exercées.

    Ce que la loi impose : décennale obligatoire, RC pro selon l'activité

    L'article 1792 du code civil pose la règle de fond. Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Cette responsabilité dure dix ans à compter de la réception des travaux (article 1792-4-1).

    L'article L241-1 du code des assurances rend l'assurance obligatoire pour toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée. À l'ouverture de tout chantier, elle doit justifier qu'elle a souscrit un contrat la couvrant ; tout candidat à un marché public aussi. La fiche du service public sur la garantie décennale précise que l'obligation vise notamment les entrepreneurs, promoteurs, maîtres d'œuvre, architectes, bureaux d'études, artisans et auto-entrepreneurs.

    Le même article prévoit une règle utile : tout contrat souscrit au titre de cette obligation est réputé comporter une clause maintenant la garantie pour la durée de la responsabilité décennale. Un chantier ouvert pendant la période de validité du contrat reste couvert dix ans, même si le contrat est résilié ensuite.

    La RC professionnelle est différente. La fiche du service public sur les assurances du micro-entrepreneur, vérifiée le 22 septembre 2023, indique que l'obligation dépend de l'activité : elle s'impose aux activités réglementées, avec la décennale pour le bâtiment et la responsabilité civile médicale pour la santé. Pour les autres activités, elle est recommandée mais non imposée.

    Pour les professions de l'immobilier, l'article 3 de la loi du 2 janvier 1970 exige, pour obtenir la carte professionnelle, une assurance contre les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile professionnelle et une garantie financière, sauf déclaration de ne détenir aucun fonds, dispense que le texte refuse à la gestion immobilière et aux syndics de copropriété. C'est un autre marché sur dossier.

    L'attestation : ce qu'elle doit dire, et ce qu'elle dit vraiment

    L'article L243-2 du code des assurances impose que la justification de l'assurance décennale prenne la forme d'attestations jointes aux devis et factures des professionnels assurés. Un arrêté fixe un modèle d'attestation avec des mentions minimales, codifié à l'article A243-3 du même code : période de validité, activités garanties, dates d'ouverture de chantier.

    Une attestation n'est pas un simple certificat. Elle liste les activités déclarées et garanties. C'est la ligne la plus importante du document. Un carreleur assuré pour « carrelage » qui pose aussi des plaques de plâtre exerce une activité non déclarée. En cas de sinistre sur cette activité, l'assureur peut opposer l'absence de garantie.

    Le cabinet lit chaque attestation à cette lumière : activités déclarées contre activités facturées, sous-traitance prévue ou non, période de validité couvrant la date d'ouverture du chantier.

    Le même article L243-2 prévoit qu'en cas de vente ou de tout autre acte transférant la propriété ou la jouissance du bien dans les dix ans (hors baux à loyer), l'acte mentionne l'existence ou l'absence des assurances obligatoires et annexe l'attestation.

    Les pièces que les compagnies demandent, et qu'un formulaire ne recueille pas

    Une demande de décennale se prépare sur pièces. La liste complète figure sur notre fiche décennale ; elle varie selon la compagnie et le métier.

    Ce qu'un formulaire de comparateur ne recueille pas : les justificatifs d'expérience d'un créateur, le relevé de sinistralité ou la déclaration d'absence d'antécédent, la part de chiffre d'affaires par activité, le recours à la sous-traitance et les procédés techniques employés. C'est sur ces pièces que la compagnie accepte ou refuse, et c'est ce dossier que le courtier constitue avec vous.

    Ce qui fait varier une prime, sans montant

    Cette page ne donne pas de tarif. Une décennale se tarifie sur le dossier, et deux artisans du même métier peuvent recevoir des propositions très différentes, selon des facteurs que chaque compagnie pondère à sa manière.

    Les activités déclarées, le chiffre d'affaires par activité, l'expérience et les antécédents pèsent le plus ; le détail figure sur notre fiche décennale. Ce qu'un formulaire ne mesure pas, c'est le poids d'un dossier de créateur sans expérience justifiée, d'un sinistre déclaré ou d'une résiliation par un assureur précédent : ces profils trouvent moins de compagnies preneuses.

    Le rôle du courtier est ici de savoir quelles compagnies étudient quel profil et de présenter un dossier complet, pour qu'une attestation conforme puisse être délivrée avant le premier chantier. L'acceptation reste la décision de la compagnie.

    Reprise du passé et déclenchement de la garantie

    Un professionnel qui a exercé sans assurance, ou dont le contrat précédent a été résilié, a des chantiers ouverts non couverts. La « reprise du passé » est une clause par laquelle un nouvel assureur accepte de couvrir ces chantiers antérieurs. Pour la décennale, elle n'est pas prévue par la loi : c'est une décision de la compagnie, au cas par cas, souvent contre surprime et sur justificatifs.

    Un formulaire ne traite pas ce point. Il demande de reconstituer l'historique, de lister les chantiers concernés et de négocier avec un assureur qui accepte le risque.

    Pour la RC professionnelle, une autre question se pose : le déclenchement de la garantie. L'article L112-2 du code des assurances impose à l'assureur de remettre, avant la conclusion d'un contrat comportant des garanties de responsabilité, une fiche décrivant le fonctionnement dans le temps des garanties déclenchées par le fait dommageable et de celles déclenchées par la réclamation, ainsi que les conséquences d'une succession de contrats aux modes de déclenchement différents.

    Cette fiche répond à un risque précis : en changeant de contrat, un professionnel peut créer un trou de garantie entre un ancien contrat en « réclamation » et un nouveau contrat en « fait dommageable ». Pour une RC pro déclenchée par la réclamation, l'article L124-5 couvre les faits antérieurs à la souscription que l'assuré ignorait et impose un délai subséquent d'au moins cinq ans après la résiliation ; le trou de garantie apparaît au-delà de ce délai, ou pour un fait déjà connu. Le courtier vérifie la continuité avant de faire signer.

    Les sanctions, et pourquoi elles justifient de ne pas se tromper

    L'article L243-3 du code des assurances punit le défaut d'assurance décennale de six mois d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, ou de l'une de ces deux peines seulement. Les particuliers qui construisent un logement pour l'occuper eux-mêmes ou le faire occuper par leur conjoint, leurs ascendants ou descendants, ou ceux du conjoint, échappent à cette sanction.

    Sans assurance, le professionnel répond sur son patrimoine des dommages décennaux, pendant dix ans, pour chaque chantier. Avec une attestation qui ne couvre pas l'activité réellement exercée, il est dans la même situation sans le savoir. La bonne question n'est donc pas le prix : c'est de savoir si l'attestation jointe au prochain devis couvre ce que vous allez faire sur ce chantier.

    Quand un formulaire suffit pour une RC pro, quand la décennale demande un dossier

    Un comparateur en ligne peut convenir pour une RC pro non obligatoire, sur une activité de service sans risque décennal, avec un dossier simple : consultant, prestataire intellectuel, commerce sans atelier. Le risque se décrit alors en quelques questions.

    Le courtier est utile dans les cas suivants.

    • Toute activité soumise à la décennale : le dossier, l'attestation et la correspondance entre activités déclarées et exercées demandent une lecture.
    • Un créateur d'entreprise sans antécédent d'assurance, pour qui il faut trouver une compagnie preneuse et justifier l'expérience.
    • Une activité mixte ou évolutive, avec plusieurs métiers ou une part de sous-traitance.
    • Un antécédent : sinistre, résiliation, période sans assurance à reprendre.
    • Une garantie financière ou une RC pro réglementée, dont les montants et les mentions sont imposés par un texte.

    Courtier et comparateur en ligne sur la RC pro et la décennale

    Les cellules décrivent ce que la loi impose ou ce que le mode d'intervention permet. « Selon la plateforme », « selon l'agent » ou « selon la banque » signifie que le texte ne l'impose pas et que la pratique varie : vérifiez-le auprès de l'intermédiaire concerné.

    Courtier et comparateur en ligne sur la RC pro et la décennale
    CritèreCourtierComparateur en ligne
    Statut d'intermédiaire et immatriculation ORIASOui, obligation légale (art. L512-1)Oui, obligation légale (art. L511-1 et L512-1)
    Devoir de conseil écrit et motivéOui, obligation légale (art. L521-4)Oui, obligation légale (art. L521-4)
    Souscription d'une décennale sur dossierOui : constitution des pièces et présentation aux compagniesSelon la plateforme ; souvent par renvoi vers un partenaire
    Vérification des activités déclarées sur l'attestation (art. L243-2)Oui, activité par activitéUn formulaire seul ne le fait pas ; selon la plateforme ensuite
    Attestation à joindre aux devis et facturesOui, délivrée par la compagnie ; le courtier en vérifie le contenuOui, délivrée par la compagnie partenaire
    Dossier d'un créateur sans antécédentOui : recherche des compagnies preneusesSelon la plateforme : le formulaire peut ne pas prévoir le cas
    Reprise du passéOui, négociée au cas par cas avec les compagnies qui l'acceptentSelon la plateforme et son partenaire ; un formulaire seul ne le prévoit pas
    Continuité des garanties de responsabilité dans le temps (fiche art. L112-2)Oui, vérifiée avant signatureLa fiche est due ; la vérification dépend de la plateforme
    Garantie financière (loi du 2 janvier 1970, art. 3)OuiSelon la plateforme
    RémunérationCommission incluse dans la prime, annoncée avant la signature (art. L521-2)Commission incluse dans la prime, selon la plateforme

    Questions fréquentes

    Le comparateur peut renvoyer vers un partenaire, mais l'attestation est toujours délivrée par la compagnie qui a accepté le risque, et c'est elle qui est jointe aux devis et aux factures (article L243-2 du code des assurances). Ce qui compte n'est pas le canal, c'est la liste des activités portée sur l'attestation : vérifiez qu'elle correspond à ce que vous facturez avant de joindre le document à un devis.

    Six mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, ou l'une de ces deux peines (article L243-3 du code des assurances), et la charge des dommages décennaux sur son patrimoine pendant dix ans pour chaque chantier. Avant même un sinistre, la conséquence est commerciale : l'attestation est jointe aux devis et aux factures (article L243-2), et un client, un maître d'œuvre ou une plateforme de mise en relation peut refuser un devis qui n'en comporte pas.

    Parce qu'une décennale se souscrit sur dossier et non par formulaire : activités exactes, expérience, chiffre d'affaires, sinistralité, qualifications. La compagnie accepte ou refuse au vu de ces pièces. Pour l'artisan, cela signifie réunir ces pièces avant le premier chantier, puis relire l'attestation reçue : c'est la liste d'activités qui y figure, et non le prix, qui décidera de la garantie au moment d'un sinistre.

    Un formulaire seul ne recueille pas les justificatifs d'expérience d'un créateur, le relevé de sinistralité, la part de chiffre d'affaires par activité ni les procédés employés. Selon la plateforme, un partenaire peut les demander ensuite ; dans tous les cas, c'est la compagnie qui les examine avant d'accepter ou de refuser. La liste complète des pièces figure sur notre fiche décennale.

    Une clause par laquelle un nouvel assureur accepte de couvrir des chantiers ouverts avant la prise d'effet du contrat, quand ils n'étaient pas assurés. Pour la décennale, elle n'est pas prévue par la loi : c'est une décision de la compagnie, au cas par cas, souvent avec surprime et sur justificatifs. Pour la demander, réunissez la liste des chantiers concernés avec leurs dates d'ouverture, les attestations expirées et les factures correspondantes ; la compagnie fixe elle-même ce qu'elle accepte de reprendre.

    Non. L'obligation dépend de l'activité (fiche du service public sur les assurances du micro-entrepreneur). Un consultant ou un commerçant sans atelier n'y est pas tenu par la loi, mais un donneur d'ordre peut l'exiger par contrat : relisez vos contrats commerciaux et vos conditions de référencement avant de conclure qu'elle est facultative.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Code civil, article 1792

      Responsabilité de plein droit du constructeur pour les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.

      Consulté le .

    2. Code civil, article 1792-4-1

      Délai de dix ans à compter de la réception des travaux, à l'expiration duquel les responsabilités et garanties des articles 1792 à 1792-2 cessent.

      Consulté le .

    3. Code des assurances, article L241-1

      Assurance obligatoire de la responsabilité décennale ; justification à l'ouverture de tout chantier ; maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité.

      Consulté le .

    4. Code des assurances, article L243-2

      Attestations d'assurance jointes aux devis et factures ; modèle et mentions minimales fixés par arrêté ; mention dans les actes transférant la propriété ou la jouissance du bien, hors baux à loyer.

      Consulté le .

    5. Code des assurances, article A243-3 (arrêté du 5 janvier 2016)

      Mentions minimales de l'attestation d'assurance décennale : période de validité, activités garanties, dates d'ouverture de chantier, nature et durée de la garantie.

      Consulté le .

    6. Code des assurances, article L243-3

      Sanction du défaut d'assurance : six mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, ou l'une des deux peines ; exemption du particulier qui construit un logement pour l'occuper lui-même ou le faire occuper par son conjoint, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint.

      Consulté le .

    7. Code des assurances, article L112-2

      Fiche d'information sur le fonctionnement dans le temps des garanties de responsabilité (fait dommageable, réclamation, succession de contrats).

      Consulté le .

    8. Code des assurances, article L124-5

      Garantie déclenchée par le fait dommageable ou par la réclamation ; faits antérieurs à la souscription couverts sauf connaissance de l'assuré ; délai subséquent d'au moins cinq ans.

      Consulté le .

    9. Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, article 3

      Carte professionnelle des activités immobilières : garantie financière, sauf déclaration de ne détenir aucun fonds (dispense exclue pour la gestion immobilière et les syndics de copropriété), et assurance de responsabilité civile professionnelle.

      Consulté le .

    10. Code des assurances, article L511-1

      Définit la distribution d'assurances et y inclut la fourniture d'un classement comparant prix et produits lorsque le contrat peut être conclu sur le site.

      Consulté le .

    11. Code des assurances, article L512-1

      Immatriculation obligatoire de tout intermédiaire d'assurance sur un registre unique librement accessible au public.

      Consulté le .

    12. Code des assurances, article L521-2

      Informations dues avant la signature : immatriculation, liens avec des assureurs, nombre suffisant de contrats analysés, base de rémunération.

      Consulté le .

    13. Code des assurances, article L521-4

      Devoir de conseil de tout distributeur : besoins écrits, information objective, contrat cohérent et motivé.

      Consulté le .

    14. Entreprendre.Service-Public.gouv.fr, « Garantie décennale des constructeurs »

      Fiche vérifiée le 10 avril 2026 : obligation visant notamment les entrepreneurs, promoteurs, lotisseurs, maîtres d'œuvre, architectes, bureaux d'études, artisans et auto-entrepreneurs ; souscription avant le démarrage des travaux ; durée de dix ans.

      Consulté le .

    15. Entreprendre.Service-Public.gouv.fr, « Un micro-entrepreneur doit-il être obligatoirement assuré ? »

      Fiche vérifiée le 22 septembre 2023 : assurance obligatoire selon l'activité (activités réglementées, décennale pour le bâtiment, responsabilité civile médicale).

      Consulté le .

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