Particuliers · Assurance habitation

    Assurance résidence secondaire : un logement inoccupé une partie de l'année se déclare et s'assure autrement

    Une maison de vacances ou la maison de famille occupée quelques semaines par an : le reste du temps, le logement est vide, loin de chez vous, sans personne pour fermer un robinet ou remarquer un volet forcé. C'est ce que l'assureur veut savoir avant de s'engager, et ce que beaucoup de contrats traitent par des clauses lues après le sinistre. Cette page dit ce qui change par rapport à la résidence principale, ce qu'il faut lire, et ce que fait le courtier.

    L'essentiel en quatre points

    • L'inoccupation prolongée est une circonstance du risque à déclarer exactement à la souscription et en cours de contrat (code des assurances, article L113-2) ; une omission sans mauvaise foi réduit l'indemnité en proportion (article L113-9).
    • Beaucoup de contrats limitent ou excluent le vol et le dégât des eaux au-delà d'une durée d'absence continue, exprimée selon le contrat en jours consécutifs. Cette clause d'inhabitation décide de la prise en charge d'un sinistre survenu en votre absence.
    • La garantie catastrophes naturelles est attachée par la loi à tout contrat couvrant des biens situés en France (article L125-1), résidence secondaire comprise, après arrêté pour la commune.
    • En cas de vente, l'assurance continue de plein droit au profit de l'acquéreur et vous êtes libéré des primes à échoir dès que vous avez informé l'assureur de la vente (code des assurances, article L121-10) ; l'acquéreur ou l'assureur peut ensuite y mettre fin. Vide ou occupé, un lot de copropriété reste soumis à l'assurance de responsabilité civile (loi du 10 juillet 1965, article 9-1).

    Ce qui change par rapport à la résidence principale

    Une résidence secondaire cumule trois choses que l'assureur regarde de près : une inoccupation longue, parfois plusieurs mois d'affilée ; un éloignement qui empêche d'intervenir vite ; l'absence de surveillance. Un dégât des eaux qui court trois semaines ne coûte pas ce que coûte une fuite arrêtée le soir même.

    L'inoccupation est donc une circonstance du risque. L'article L113-2 du code des assurances impose à l'assuré de répondre exactement aux questions posées à la souscription, et de déclarer en cours de contrat les circonstances nouvelles qui aggravent les risques, dans les quinze jours où il en a connaissance. Un logement déclaré habité en permanence alors qu'il est vide huit mois par an relève de cette déclaration.

    Sans mauvaise foi, l'article L113-9 prévoit la réduction proportionnelle de l'indemnité, dans le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due si le risque avait été exactement déclaré. Un sinistre sur une résidence secondaire assurée comme une résidence principale peut donc n'être indemnisé qu'en partie.

    L'obligation d'assurance ne change pas avec l'occupation : elle est détaillée sur la fiche assurance habitation (responsabilité civile obligatoire en copropriété, aucune obligation légale pour une maison individuelle). Ce qui compte ici, c'est qu'un logement vide engage la responsabilité de son propriétaire exactement comme un logement occupé : tuile tombée sur un passant, fuite chez le voisin.

    Les clauses d'inhabitation : ce qu'il faut lire avant de signer

    La plupart des multirisques habitation contiennent une clause d'inhabitation. Son principe : au-delà d'une durée d'absence continue, souvent exprimée en jours consécutifs, certaines garanties sont réduites, soumises à conditions ou suspendues. Le vol et le dégât des eaux sont les plus souvent visés, parce que leur coût dépend du temps écoulé avant qu'on s'en aperçoive.

    La clause est courante, mais rarement lue. Elle figure dans les conditions générales ; les conditions particulières peuvent l'aménager pour une résidence secondaire déclarée comme telle.

    • La durée d'absence à partir de laquelle la clause joue, et son mode de calcul : jours consécutifs, ou cumul sur l'année.
    • Les garanties touchées : vol seul, vol et dégât des eaux, parfois vandalisme ou bris de glace.
    • L'effet : exclusion, franchise majorée, plafond réduit, ou maintien sous conditions.
    • Les conditions de maintien : arrivée d'eau fermée, vidange, chauffage hors gel, volets clos, moyens de fermeture, visites d'un tiers.
    • La preuve du respect de ces conditions après un sinistre : facture de vidange, attestation du voisin ou du gardien, photos datées.

    Les risques propres à un logement vide : gel, vol, catastrophes naturelles, tempête, incendie

    Le gel est le sinistre typique de la résidence secondaire : une canalisation qui éclate en janvier dans une maison vide jusqu'à Pâques inonde le logement pendant des semaines. Les contrats le traitent par la clause d'inhabitation et par des obligations de prévention : vidange des canalisations et des appareils, ou chauffage hors gel, et fermeture de l'arrivée d'eau. Le non-respect d'une obligation écrite au contrat peut réduire la prise en charge ou la faire tomber.

    Le vol et le vandalisme suivent la même logique : moyens de fermeture exigés, effet de l'absence prolongée, parfois exclusion des objets de valeur laissés sur place, et conditions de fermeture à respecter à chaque départ.

    Les catastrophes naturelles obéissent à la loi, pas au contrat : la garantie est incluse quelle que soit l'occupation et ne joue qu'après arrêté pour la commune (article L125-1 ; le détail, la franchise légale et les délais sont sur la page sécheresse et fissures). Ce qui compte ici, c'est le lieu : une maison de vacances peut se trouver dans une commune aux arrêtés répétés dont vous n'avez jamais entendu parler. Nos pages locales indiquent, commune par commune, le nombre d'arrêtés recensés par Géorisques ; Géorisques donne l'exposition à l'adresse.

    Tempête et incendie figurent en général dans le socle des multirisques habitation ; il faut vérifier, contrat par contrat, si la clause d'inhabitation les vise et si des précautions sont exigées, coupure électrique ou ramonage, dont la preuve est réclamée après le sinistre.

    Location saisonnière et prêt à des proches : un usage qui se déclare

    Louer la maison quelques semaines l'été, ou la confier à des amis, change le risque. C'est un usage à déclarer au titre de l'article L113-2. Un contrat à usage strictement personnel peut exclure les dommages survenus pendant une location, ou le vol commis par un locataire.

    Trois mécanismes se combinent. La responsabilité civile « propriétaire non occupant » couvre les dommages causés aux tiers par le bien lui-même en votre absence : une tuile qui blesse un passant, un dégât des eaux chez le voisin. Les dommages causés au bien par un locataire saisonnier sont, selon le contrat, couverts, soumis à déclaration, ou renvoyés à l'assurance villégiature du locataire. L'assurance d'une plateforme de location intervient dans les conditions qu'elle définit ; elle s'ajoute à votre contrat sans le remplacer.

    Le prêt à des proches, sans loyer, ne fait pas de vous un loueur, mais l'occupant n'est pas votre assuré : les dommages qu'il cause au logement prêté relèvent de son propre contrat habitation, s'il comporte une garantie villégiature ou dommages aux biens confiés, ce qui se vérifie avant le prêt. Demandez-lui son attestation avant de remettre les clés.

    Ce que fait le courtier

    Première question : un contrat ou deux ? Certains assureurs rattachent la résidence secondaire au contrat principal par une extension ; d'autres exigent un contrat distinct. Le rattachement évite deux échéances ; deux contrats permettent de choisir, pour chaque logement, les clauses d'inhabitation qui conviennent. Nous comparons les deux sur les garanties.

    Deuxième travail : la relecture des clauses d'inhabitation et des obligations de prévention, avec une question simple : que dois-je faire à chaque départ pour que le contrat joue ? Nous vous remettons cette liste par écrit. Troisième : les franchises, qui diffèrent selon la garantie et parfois selon l'occupation.

    Enfin, la sortie du contrat. Les règles communes (résiliation à tout moment après un an, article L113-15-2) sont détaillées sur la fiche assurance habitation. Ce qui est propre à la résidence secondaire, c'est la vente : l'article L121-10 fait continuer l'assurance au profit de l'acquéreur, qui peut la résilier comme l'assureur, et vous libère des primes à échoir dès que vous avez informé l'assureur de la vente par lettre ou tout autre support durable. Nous préparons ce courrier.

    Votre demande, concrètement

    Ce que nous vous demanderons

    Des éléments que vous avez déjà, par courriel ou WhatsApp. Ce qui compte le plus est le rythme réel d'occupation.

    • L'adresse du logement, sa nature (maison, appartement, lot de copropriété), sa surface, ses dépendances.
    • Le rythme d'occupation : périodes de présence, plus longue absence continue, voisin ou gardien.
    • L'usage envisagé : personnel, location saisonnière (semaines, plateforme ou non), prêt à des proches.
    • Les moyens de fermeture, le chauffage, la possibilité de vidanger ou de couper l'eau.
    • Vos conditions particulières actuelles, pour chaque logement.

    Ce qui se passe après votre demande

    Vous décrivez le logement et son rythme d'occupation dans le formulaire de contact ; si vous passez par le simulateur habitation, le courtier vous posera ces questions au rappel.

    1. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées. Vos coordonnées ne sont ni cédées ni utilisées à des fins publicitaires ; elles ne sont transmises aux assureurs consultés qu'avec votre accord.
    2. Nous relisons vos contrats actuels et nous vous disons, par écrit, comment l'inoccupation y est traitée.
    3. Selon les réponses des assureurs consultés, nous vous présentons une ou deux configurations, extension ou contrat distinct, avec leurs clauses d'inhabitation, obligations de prévention et franchises.
    4. Vous choisissez et signez électroniquement, avec la liste des gestes à faire à chaque départ.

    Demander une étude

    Vos questions

    Oui. C'est une circonstance du risque au sens de l'article L113-2 : à la souscription, en répondant exactement au questionnaire ; en cours de contrat, dans les quinze jours si le rythme d'occupation change au point d'aggraver le risque. Ne pas la déclarer se paie au moment du sinistre : même sans mauvaise foi, l'indemnité est réduite en proportion (article L113-9). Déclarer l'occupation réelle permet surtout de négocier la clause d'inhabitation plutôt que de la subir.

    Pas automatiquement. Un contrat multirisque habitation couvre le logement désigné aux conditions particulières ; un second logement n'y entre que par une extension acceptée par l'assureur, ou par un contrat distinct. Certains assureurs proposent l'extension, d'autres l'écartent. Dans les deux cas, la résidence secondaire doit être déclarée avec son rythme d'occupation, et les clauses d'inhabitation s'appliquent selon ce qui est écrit pour ce logement. Nous comparons l'extension et le contrat distinct sur les garanties avant de vous conseiller l'un ou l'autre.

    Tout dépend de ce que vous avez fait avant de partir. Le gel n'est pas exclu en soi ; ce qui décide, ce sont les obligations de prévention écrites au contrat et la clause d'inhabitation (voir la section sur les risques propres à un logement vide). Obligations respectées et prouvées : le dégât des eaux consécutif est traité selon la garantie du contrat. Non respectées : réduction ou refus de la prise en charge. D'où la liste de gestes que nous vous remettons, et la preuve à conserver pour chacun.

    Seulement si le contrat le prévoit : la location est un usage à déclarer (article L113-2), et un contrat à usage strictement personnel peut exclure les dommages survenus pendant une location. Avant la première réservation, envoyez-nous vos conditions particulières : nous vous disons si votre contrat accepte la location, à quelles conditions, et ce qui reste à la charge du locataire ou de la plateforme. Les trois mécanismes en jeu sont détaillés dans la section consacrée à la location saisonnière.

    Oui, comme pour tout logement assuré en France : la garantie est attachée au contrat par la loi (article L125-1) et ne joue qu'après arrêté pour la commune ; la page sécheresse et fissures détaille la franchise légale et les délais. Ce qui change pour une résidence secondaire, c'est que vous n'êtes pas sur place : vous ne savez pas toujours si la commune fait l'objet d'arrêtés répétés, et personne ne constate les dommages. Consultez l'exposition à l'adresse sur Géorisques et le nombre d'arrêtés sur notre page locale, et prévoyez qu'un voisin ou un gardien puisse vous signaler un sinistre : la déclaration doit partir dès que vous en avez connaissance et au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté (fiche Service-public.fr sur l'indemnisation des catastrophes naturelles).

    La vente n'est pas l'un des changements de situation de l'article L113-16, qui vise le changement de domicile, de situation ou de régime matrimonial, de profession et le départ en retraite. Le texte applicable est l'article L121-10 : en cas d'aliénation de la chose assurée, l'assurance continue de plein droit au profit de l'acquéreur, qui peut la résilier, comme l'assureur ; vous restez tenu des primes échues, mais vous êtes libéré des primes à échoir dès que vous avez informé l'assureur de la vente par lettre ou tout autre support durable. Si le contrat a plus d'un an, vous pouvez aussi le résilier à tout moment, sans frais, avec effet un mois après réception de la demande (article L113-15-2). Dans tous les cas, écrivez à l'assureur avec la date de la vente et une copie de l'acte ou de l'attestation du notaire. Nous préparons ce courrier et nous vous indiquons la date à laquelle il produit effet.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Code des assurances, article L113-2

      Obligation de répondre exactement aux questions de l'assureur et de déclarer, dans les quinze jours, les circonstances nouvelles qui aggravent le risque en cours de contrat.

      Consulté le .

    2. Code des assurances, article L113-9

      Réduction proportionnelle de l'indemnité en cas d'omission ou de déclaration inexacte sans mauvaise foi.

      Consulté le .

    3. Service-public.fr — assurance habitation du propriétaire (loi du 10 juillet 1965, art. 9-1)

      Obligation d'assurance de responsabilité civile du copropriétaire, occupant ou non ; absence d'obligation légale pour le propriétaire d'une maison individuelle.

      Consulté le .

    4. Code des assurances, article L125-1

      Garantie catastrophes naturelles attachée à tout contrat couvrant des dommages à des biens situés en France ; mise en jeu après arrêté interministériel.

      Consulté le .

    5. Service-public.fr — catastrophe naturelle : déclaration et franchise

      Déclaration du sinistre dès que l'assuré en a connaissance et au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté ; indemnisation et franchise applicable aux biens des particuliers.

      Consulté le .

    6. Géorisques — exposition aux risques et arrêtés de catastrophe naturelle par commune

      Service public d'information sur les risques : exposition à l'adresse ou à la parcelle, historique des reconnaissances de l'état de catastrophe naturelle.

      Consulté le .

    7. Code des assurances, article L113-15-2

      Résiliation à tout moment, sans frais ni pénalité, d'un contrat d'assurance habitation de plus d'un an ; effet un mois après réception de la demande.

      Consulté le .

    8. Code des assurances, article L121-10

      En cas d'aliénation de la chose assurée, l'assurance continue de plein droit au profit de l'acquéreur ; l'assureur et l'acquéreur peuvent résilier ; le vendeur reste tenu des primes échues et est libéré des primes à échoir dès qu'il a informé l'assureur de la vente par lettre ou tout autre support durable.

      Consulté le .

    9. Code des assurances, article L113-16

      Résiliation dans les trois mois d'un changement de domicile, de situation ou de régime matrimonial, de profession, ou d'un départ en retraite, lorsque le contrat garantit des risques en relation directe avec la situation antérieure qui ne se retrouvent pas dans la situation nouvelle ; la vente du bien n'y figure pas.

      Consulté le .

    10. Service-public.fr — résiliation d'une assurance habitation

      Modalités de résiliation d'un contrat d'assurance habitation : après un an, à l'échéance, ou en cas de changement de situation.

      Consulté le .

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    Décrivez le logement, son rythme d'occupation et l'usage envisagé dans le formulaire de contact : le simulateur habitation ne pose pas ces questions. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées, relit vos contrats actuels et vous présente par écrit, selon les réponses des assureurs consultés, une ou deux configurations, avec les clauses d'inhabitation et les gestes à faire à chaque départ. Étude gratuite, sans engagement, sans démarchage.