Particuliers · Assurance emprunteur

    Changer d'assurance emprunteur en cours de prêt : la loi Lemoine étape par étape, et ce que le courtier fait à votre place

    Vous avez signé votre prêt immobilier il y a un, trois ou dix ans avec l'assurance groupe de la banque, et vous vous demandez si vous pouvez encore en changer, et si cela vaut la peine. Depuis la loi Lemoine, la résiliation est possible à tout moment, sans frais, à condition que le nouveau contrat présente un niveau de garantie équivalent. Cette page décrit les cinq étapes, les délais légaux qui encadrent les trois dernières, les cas où le changement ne vaut pas la peine, et ce que nous faisons à votre place.

    L'essentiel en quatre points

    • Un prêt déjà signé, quelle que soit sa date, ouvre droit à la résiliation de l'assurance emprunteur à tout moment, sans date d'échéance à attendre (code des assurances, article L113-12-2, applicable aux contrats en cours depuis le 1er septembre 2022).
    • La banque ne peut pas refuser un autre contrat qui présente un niveau de garantie équivalent. Tout refus est explicite, motivé, et précise les informations et garanties manquantes (code de la consommation, article L313-30).
    • La banque notifie sa décision dans les dix jours ouvrés suivant la réception du nouveau contrat, modifie le prêt par avenant dans les dix jours ouvrés suivant la réception de la demande de substitution, et ne peut exiger aucun frais pour cet avenant (code de la consommation, article L313-31).
    • Aucun questionnaire de santé si la part assurée sur l'ensemble de vos crédits n'excède pas 200 000 € par assuré et si le prêt se termine avant votre soixantième anniversaire (code des assurances, article L113-2-1).

    Oui, vous pouvez changer, sans limite de date : ce que dit la loi Lemoine

    Avant 2022, changer d'assurance emprunteur n'était possible que pendant les douze mois suivant la signature de l'offre de prêt (loi Hamon, 2014), la demande devant parvenir à l'assureur au plus tard quinze jours avant la fin de cette période, puis une fois par an, à l'échéance annuelle du contrat (amendement Bourquin, 2017). La loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, a réécrit l'article L113-12-2 du code des assurances : l'assuré peut résilier le contrat à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt, et ce droit vaut pour les contrats en cours depuis le 1er septembre 2022.

    Concrètement, pour un prêt déjà signé : aucun délai minimal, aucune date d'échéance à surveiller, aucun nombre maximal de changements, et aucune clause de votre contrat de groupe ne peut vous en priver, le droit de résiliation appartenant exclusivement à l'assuré (article L113-12-2). La seule limite est l'intérêt de changer, que la section suivante détaille. Le cadre général de la loi Lemoine, du questionnaire de santé au rôle du courtier face à la banque, est traité sur la page « Courtier ou banque pour l'assurance emprunteur » ; celle-ci se limite au parcours du prêt en cours.

    Ce qui détermine si le changement vaut la peine, et les cas où il ne vaut pas la peine

    Nous ne donnons pas de pourcentage d'économie : l'écart se calcule sur votre dossier, pas sur une moyenne. L'intérêt d'un changement se mesure en comparant le coût total de l'assurance actuelle sur la durée restante du prêt au coût total du nouveau contrat sur la même durée, à garanties équivalentes. Quatre données pèsent.

    Le capital restant dû et la durée restante : plus ils sont élevés, plus l'assiette est grande. L'âge auquel vous avez souscrit et votre âge aujourd'hui : un contrat individuel tarifie sur l'âge à la souscription, et vous êtes plus âgé aujourd'hui qu'à la signature du prêt. Le mode de calcul de votre assurance actuelle : la plupart des contrats groupe calculent la cotisation sur le capital initial pendant toute la durée, quand les contrats individuels la calculent souvent sur le capital restant dû, ce qui change la comparaison sur les dernières années. La quotité assurée de chacun, enfin, que le changement est l'occasion de revoir.

    Les cas où le changement ne vaut pas la peine existent, et nous vous le dirons : une fin de prêt proche, avec un capital restant faible ; un problème de santé apparu depuis la souscription, qui conduirait à une surprime ou à une exclusion sur le nouveau contrat alors que l'assureur actuel ne peut pas vous résilier pour aggravation du risque (article L113-12-2) ; un contrat actuel dont les garanties sont plus larges que ce que le marché propose à votre âge. Dans ces cas, nous vous conseillons de ne pas changer, par écrit.

    L'équivalence des garanties : lire sa fiche standardisée d'information avant de résilier

    L'article L313-30 du code de la consommation interdit à la banque de refuser en garantie un autre contrat dès lors qu'il présente un niveau de garantie équivalent à celui qu'elle propose. C'est la seule condition de fond. Elle s'apprécie à partir de la liste de place établie par le Comité consultatif du secteur financier dans son avis du 13 janvier 2015 : chaque banque y choisit « 11 critères au plus » correspondant à sa politique des risques, complétés le cas échéant de « 4 critères au plus » pour la garantie perte d'emploi. Le rapport du Sénat sur l'effectivité de ce droit compte dix-huit critères dans cette liste pour les garanties décès, PTIA, incapacité et invalidité, et huit autres pour la perte d'emploi.

    Les critères retenus par votre banque figurent sur la fiche standardisée d'information (FSI) qui vous a été remise lors de la demande de prêt, et sur la fiche personnalisée. C'est ce document qu'il faut relire avant toute résiliation : quotité, garanties exigées (décès, PTIA, incapacité, invalidité, parfois perte d'emploi), franchise, définition de l'incapacité (votre profession ou toute profession), couverture des affections dorsales et psychiques, sports pratiqués, âge de fin de garantie.

    Un refus fondé sur autre chose que ces critères n'est pas un refus valable. La loi exige que toute décision de refus soit explicite, comporte l'intégralité des motifs et précise, le cas échéant, les informations et garanties manquantes. Un refus « pour non-équivalence » sans détail ne remplit pas cette exigence. Envoyez-nous votre FSI : nous vérifions l'équivalence critère par critère avant que vous résiliiez quoi que ce soit.

    Les cinq étapes, du nouveau contrat à l'avenant

    Trois des cinq étapes ont un délai fixé par la loi : la réponse de la banque, l'avenant et la prise d'effet de la résiliation. La durée des deux premières, l'étude et la souscription, dépend de votre dossier et de l'assureur choisi.

    • Étape 1 : étude à garanties équivalentes. Nous relisons votre FSI et vos conditions de prêt, puis nous interrogeons plusieurs assureurs sur votre capital restant dû, votre durée restante, l'âge et la quotité de chacun. Vous recevez une étude écrite comparant, sur la durée restante, les propositions obtenues, dont le nombre dépend de votre dossier, ou un conseil de ne pas changer.
    • Étape 2 : souscription du nouveau contrat, avec une date d'effet différée. L'assureur instruit l'adhésion dans un délai qui lui est propre. Si vous êtes sous le seuil de 200 000 € par assuré et que le prêt s'achève avant vos 60 ans, aucun questionnaire de santé ne peut vous être demandé (article L113-2-1).
    • Étape 3 : demande de substitution à la banque, avec le nouveau contrat et l'attestation d'équivalence. La banque dispose de dix jours ouvrés à compter de la réception du nouveau contrat pour notifier son acceptation ou son refus motivé (article L313-31). Nous rédigeons et envoyons ce courrier.
    • Étape 4 : avenant au prêt. En cas d'acceptation, la banque modifie le contrat de crédit par avenant dans les dix jours ouvrés suivant la réception de la demande de substitution, avec le nouveau taux annuel effectif global, sans frais. Nous suivons la banque jusqu'à sa réponse et, en cas d'acceptation, jusqu'à l'avenant signé.
    • Étape 5 : résiliation de l'ancien contrat. Vous notifiez à l'assureur, par recommandé, la décision de la banque et la date d'effet du nouveau contrat ; la résiliation prend effet dix jours après cette réception, ou à la date d'effet du nouveau contrat si elle est postérieure (article L113-12-2). En cas de refus de la banque, l'ancien contrat n'est pas résilié : vous n'êtes jamais sans assurance.

    Si la banque dépasse le délai ou refuse sans motif

    Le délai de dix jours ouvrés court à compter de la réception du nouveau contrat d'assurance (article L313-31). En pratique, un dossier incomplet est le premier motif de retard : c'est pourquoi nous envoyons d'emblée contrat, conditions générales, attestation d'équivalence critère par critère et tableau d'amortissement.

    Passé le délai, ou face à un refus non motivé, la première étape est une relance écrite qui cite l'article L313-31. La deuxième est la saisine du médiateur de la banque, dont les coordonnées figurent dans vos conditions générales. La troisième est un signalement à l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qui contrôle les banques, ou à la DGCCRF, chargée de veiller au respect du code de la consommation. Nous rédigeons ces courriers avec vous.

    Ce que nous ne pouvons pas faire : contraindre la banque. Le refus et son délai relèvent de sa responsabilité, et un différend sur ce point vous oppose à elle. Nous vous accompagnons dans les démarches, sans obligation de résultat.

    Ce que coûte le courtier, écrit noir sur blanc

    Le cabinet est rémunéré par une commission incluse dans la cotisation du contrat que vous souscrivez, versée par l'assureur. Ce mode de rémunération vous est indiqué avant la signature, conformément à l'article L521-2 du code des assurances, et vous recevez par écrit vos exigences et besoins ainsi qu'un conseil motivé au titre du devoir de conseil (article L521-4). Vous pouvez vérifier notre immatriculation, ORIAS n° 18003293, sur le registre orias.fr.

    Le courtier en assurance n'est pas le courtier en crédit : nous ne renégocions pas votre taux d'emprunt, nous ne touchons rien de la banque, et nous n'intervenons que sur l'assurance du prêt.

    Votre demande, concrètement

    Ce que nous vous demanderons

    Tout figure dans votre dossier de prêt. Envoyez ces documents par courriel ou par WhatsApp après le premier échange, sans rien ressaisir.

    • La fiche standardisée d'information (FSI) et la fiche personnalisée remises par la banque : ce sont elles qui fixent les critères d'équivalence.
    • L'offre de prêt et le tableau d'amortissement à jour : capital restant dû, durée restante, date de fin.
    • Le contrat d'assurance emprunteur actuel, ou au moins la notice et le dernier avis d'échéance.
    • Pour chaque co-emprunteur : date de naissance, quotité assurée, profession, statut fumeur ou non-fumeur.
    • Si un questionnaire de santé s'applique : il est rempli directement auprès de l'assureur, jamais transmis au cabinet ni à la banque.

    Ce qui se passe après votre demande

    Le simulateur prêt demande le montant du crédit, sa durée, votre âge et votre statut fumeur, puis vos coordonnées. Le capital restant dû, la date de fin et la quotité de chacun sont relevés lors du rappel, sur votre tableau d'amortissement. Le simulateur n'affiche aucun montant.

    1. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées. Vos coordonnées servent uniquement à l'étude : elles sont communiquées aux seuls assureurs interrogés pour établir les propositions, et à votre banque si vous nous confiez la demande de substitution. Elles ne sont ni cédées ni utilisées à des fins commerciales tierces.
    2. Nous relisons votre FSI et vous adressons une étude écrite à garanties équivalentes sur la durée restante, avec les contrats obtenus, ou un conseil de ne pas changer si c'est le cas.
    3. Si vous souscrivez, nous rédigeons la demande de substitution à la banque, nous la suivons jusqu'à sa réponse et nous la relançons par écrit si les délais de l'article L313-31 ne sont pas tenus.
    4. Nous préparons la notification de résiliation à l'ancien assureur, calée sur la date d'effet du nouveau contrat, pour qu'il n'y ait ni double cotisation durable ni trou de couverture.

    Demander mon étude

    Vos questions

    Oui, à tout moment depuis la signature de l'offre de prêt, sans limite de durée ni date anniversaire (article L113-12-2 du code des assurances, applicable aux contrats en cours depuis le 1er septembre 2022). L'intérêt du changement, lui, dépend du capital restant dû, de la durée restante, de votre âge et du mode de calcul de votre contrat actuel : c'est ce que l'étude mesure, et il arrive que la réponse soit de ne pas changer.

    Oui, dans les deux sens. Votre assureur actuel ne peut pas vous résilier pour aggravation du risque, protection antérieure à la loi Lemoine et maintenue par elle (article L113-12-2). Un nouvel assureur, lui, peut vous demander un questionnaire de santé si vous dépassez le seuil de 200 000 € par assuré ou si le prêt se termine après vos 60 ans, et appliquer une surprime ou une exclusion. Sous le seuil, aucune information de santé ne peut vous être demandée (article L113-2-1). Nous vérifions votre situation avant toute résiliation.

    L'équivalence des garanties, critère par critère, à partir de votre fiche standardisée d'information : quotité, garanties exigées, franchise, définition de l'incapacité, couverture des affections dorsales et psychiques, âge de fin de garantie. Puis le coût total sur la durée restante, et la date d'effet du nouveau contrat. L'ancien contrat n'est résilié qu'après l'accord écrit de la banque : en cas de refus, il continue.

    Rien ne vous y oblige : la banque est saisie par la demande de substitution, accompagnée du nouveau contrat, et c'est la réception de ce contrat qui fait courir son délai de réponse de dix jours ouvrés (article L313-31 du code de la consommation). L'ordre qui vous protège est donc : souscrire le nouveau contrat avec une date d'effet différée, saisir la banque, puis, une fois son acceptation reçue, notifier la résiliation à l'ancien assureur en joignant cette décision (article L113-12-2 du code des assurances). Si la banque refuse, l'ancien contrat n'est pas résilié. Les motifs de refus admis et la réponse à y apporter sont détaillés sur la fiche « Assurance emprunteur ».

    Dix jours ouvrés à compter de la réception du nouveau contrat d'assurance pour notifier sa décision, et dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution pour émettre l'avenant en cas d'acceptation. La banque ne peut exiger aucun frais supplémentaire pour cet avenant (article L313-31 du code de la consommation). En pratique, un dossier incomplet est le premier motif de retard : nous envoyons d'emblée le contrat, ses conditions générales, l'attestation d'équivalence critère par critère et le tableau d'amortissement.

    L'étude est gratuite et sans engagement. Si vous souscrivez, le cabinet perçoit une commission incluse dans la cotisation du contrat, versée par l'assureur ; ce mode de rémunération vous est indiqué avant la signature (article L521-2 du code des assurances). Aucun honoraire ne vous est facturé pour la substitution. Vous pouvez vérifier l'immatriculation ORIAS n° 18003293 sur orias.fr.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Code des assurances, article L113-12-2

      Résiliation de l'assurance emprunteur à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt ; notification à l'assureur de la décision de la banque ; prise d'effet dix jours après réception ou à la date d'effet du contrat substitué ; pas de résiliation en cas de refus de la banque ; interdiction pour l'assureur de résilier pour aggravation du risque.

      Consulté le .

    2. Code des assurances, article L113-12-2, version en vigueur du 1er avril 2018 au 1er juin 2022

      Régime antérieur à la loi Lemoine : résiliation dans les douze mois suivant la signature de l'offre de prêt, demande notifiée au plus tard quinze jours avant le terme de cette période, puis résiliation annuelle par renvoi à l'article L113-12 ; l'interdiction faite à l'assureur de résilier pour aggravation du risque y figure déjà.

      Consulté le .

    3. Code de la consommation, article L313-30

      Interdiction pour le prêteur de refuser un contrat d'assurance présentant un niveau de garantie équivalent ; refus explicite, motivé, précisant les garanties manquantes.

      Consulté le .

    4. Code de la consommation, article L313-31

      Décision de la banque dans les dix jours ouvrés à compter de la réception du nouveau contrat d'assurance ; avenant dans les dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution ; aucun frais supplémentaire pour l'émission de l'avenant.

      Consulté le .

    5. Code des assurances, article L113-2-1

      Aucune information de santé ni examen médical si la part assurée n'excède pas 200 000 € par assuré et si le crédit s'achève avant le soixantième anniversaire de l'assuré.

      Consulté le .

    6. Comité consultatif du secteur financier, avis du 13 janvier 2015 sur l'équivalence du niveau de garantie en assurance emprunteur

      Point 1.2 : chaque établissement prêteur choisit sur la liste de place « 11 critères au plus » correspondant à sa politique des risques, « complétés le cas échéant de 4 critères au plus portant sur la garantie perte d'emploi » ; la liste d'exigences est communiquée sur les fiches standardisées d'information.

      Consulté le .

    7. Sénat, rapport n° 58 (2019-2020) sur l'effectivité du droit au changement d'assurance emprunteur

      Décompte de la liste de l'avis du CCSF : onze critères sélectionnés par le prêteur selon sa politique de risques parmi dix-huit, et quatre critères relatifs à la garantie perte d'emploi parmi huit.

      Consulté le .

    8. Economie.gouv.fr — Achat immobilier : pouvez-vous changer d'assurance emprunteur ?

      Changement possible à tout moment depuis le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours, sans frais ; fiche standardisée d'information ; réponse de la banque sous dix jours et refus motivé.

      Consulté le .

    9. Code des assurances, article L521-2

      Avant la conclusion du contrat, l'intermédiaire indique s'il travaille sur la base d'honoraires, d'une commission incluse dans la prime, d'un autre type de rémunération ou d'une combinaison ; le montant des honoraires, s'il y en a, est communiqué.

      Consulté le .

    10. Code des assurances, article L521-4

      Avant la conclusion du contrat, le distributeur précise par écrit les exigences et les besoins du souscripteur, conseille un contrat cohérent avec ceux-ci et précise les raisons qui motivent ce conseil.

      Consulté le .

    Demander une étude à garanties équivalentes pour mon prêt en cours

    Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées, relève avec vous le capital restant dû, la date de fin, l'âge et la quotité de chacun, relit votre fiche standardisée d'information et vous remet une étude écrite sur la durée restante, ou un conseil de ne pas changer. Étude gratuite, sans engagement, sans démarchage.