Après un an : résilier à tout moment, sans motif ni frais
Le droit de résiliation dit « loi Hamon » est inscrit à l'article L113-15-2 du code des assurances. Pour les contrats à tacite reconduction qui couvrent les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles, l'assuré peut, après expiration d'un délai d'un an à compter de la première souscription, résilier sans frais ni pénalités. La résiliation prend effet un mois après que l'assureur en a reçu notification. Ce droit doit être mentionné dans chaque contrat et rappelé avec chaque avis d'échéance.
Le point de départ est la première souscription, pas la dernière reconduction : un contrat reconduit depuis plusieurs années est résiliable sans attendre. Le texte réserve ce droit aux personnes physiques hors activité professionnelle. Un véhicule assuré au nom d'une société, ou par un contrat souscrit à des fins professionnelles, relève des règles de l'échéance décrites plus bas.
Pour l'assurance de responsabilité civile automobile, l'article ajoute une mécanique propre : le nouvel assureur effectue, pour le compte de l'assuré qui souhaite le rejoindre, les formalités nécessaires à l'exercice du droit de résiliation, et il s'assure de la permanence de la couverture durant la procédure. Vous ne rédigez donc pas de lettre. Vous souscrivez le nouveau contrat, et c'est lui qui notifie l'ancien assureur. L'ancien assureur rembourse ensuite le solde de cotisation non courue au plus tard trente jours à compter de la date de résiliation.
À l'échéance annuelle : deux mois de préavis et l'avis d'échéance
L'article L113-12 pose la règle de base : la durée du contrat et les conditions de résiliation, en particulier le droit pour l'assureur et l'assuré de résilier tous les ans, sont fixées par la police. L'assuré a le droit de résilier à l'expiration d'un délai d'un an, en adressant une notification à l'assureur au moins deux mois avant la date d'échéance. Le délai court à partir de la date figurant sur le cachet de la poste ou de la date d'expédition de la notification. La version que nous avons lue est en vigueur depuis le 28 mai 2026.
Le même article donne un droit symétrique à l'assureur : hors contrats professionnels, il peut résilier à l'expiration d'un an à condition d'envoyer une lettre recommandée à l'assuré au moins deux mois avant la date d'échéance. Un contrat résilié à l'initiative de l'assureur laisse un historique à expliquer au suivant ; la page consacrée à l'assurance auto après résiliation ou avec malus traite cette situation.
L'avis d'échéance est encadré par l'article L113-15-1, issu de la loi dite « Chatel ». Pour les contrats à tacite reconduction couvrant les personnes physiques hors activité professionnelle, la date limite d'exercice du droit à dénonciation doit être rappelée avec chaque avis d'échéance annuelle de prime. Si cet avis est adressé moins de quinze jours avant cette date, ou après elle, l'assuré est informé qu'il dispose d'un délai de vingt jours suivant la date d'envoi de l'avis pour dénoncer la reconduction. Si cette information n'a pas été donnée, l'assuré peut résilier sans pénalités, à tout moment à compter de la date de reconduction.
La forme de la notification est fixée par l'article L113-14 : lettre ou tout autre support durable, déclaration au siège social ou chez le représentant de l'assureur, acte extrajudiciaire, même mode de communication à distance que celui proposé pour la souscription, ou tout autre moyen prévu au contrat ; le destinataire confirme la réception par écrit.
Vente, don ou destruction du véhicule
La vente ou le don d'un véhicule relèvent de l'article L121-11 du code des assurances, et non des règles de l'échéance. En cas d'aliénation d'un véhicule terrestre à moteur, et seulement pour le véhicule aliéné, le contrat est suspendu de plein droit à partir du lendemain, à zéro heure, du jour de l'aliénation. Il peut ensuite être résilié, moyennant un préavis de dix jours, par chacune des parties. À défaut de remise en vigueur par accord des parties ou de résiliation par l'une d'elles, la résiliation intervient de plein droit à l'expiration d'un délai de six mois à compter de l'aliénation. Aucune indemnité ne peut être prévue au profit de l'assureur.
L'assuré doit informer l'assureur de la date d'aliénation, par lettre, message sur support durable ou l'un des moyens de l'article L113-14. Service-public.fr rappelle que la vente se déclare avec le formulaire de déclaration de cession (cerfa 15776) et que l'assureur rembourse la part de cotisation correspondant à la période postérieure à la résiliation. Suspension n'est pas résiliation : si vous rachetez un véhicule dans les mois qui suivent, le contrat peut être remis en vigueur pour celui-ci, d'un commun accord avec l'assureur, qui réexamine alors le risque.
La destruction du véhicule suit une autre logique. Lorsque la perte totale de la chose assurée résulte d'un événement non prévu par la police, l'article L121-9 dispose que l'assurance prend fin de plein droit et que l'assureur restitue la portion de prime payée d'avance pour le temps où le risque n'est plus couru. Lorsque la destruction résulte d'un sinistre couvert par le contrat, ce sont les conditions du contrat qui règlent la suite après l'indemnisation ; le certificat de destruction est la pièce à transmettre à l'assureur.
Changement de situation : les événements de l'article L113-16
L'article L113-16 énumère cinq événements : changement de domicile, changement de situation matrimoniale, changement de régime matrimonial, changement de profession, retraite professionnelle ou cessation définitive d'activité professionnelle. Lorsqu'ils surviennent, le contrat peut être résilié par chacune des parties, à une condition : qu'il ait pour objet la garantie de risques en relation directe avec la situation antérieure et qui ne se retrouvent pas dans la situation nouvelle.
La résiliation ne peut intervenir que dans les trois mois suivant la date de l'événement, et elle prend effet un mois après que l'autre partie en a reçu notification. L'assureur rembourse la partie de prime correspondant à la période pendant laquelle le risque n'a pas couru, calculée à compter de la date d'effet, et aucune indemnité ne peut être prévue à son profit. Un décret en Conseil d'État fixe, pour chaque cas, le point de départ du délai ; service-public.fr indique que l'assuré informe l'assureur de l'événement dans un délai de quinze jours.
La liste est limitative, et la vente du véhicule n'y figure pas : elle relève de l'article L121-11. Le lien direct entre l'événement et le risque n'est pas non plus automatique pour un contrat auto. Un déménagement ne fait pas disparaître le risque de conduire, alors qu'une cessation d'activité peut faire disparaître l'usage professionnel qui justifiait le contrat. Ce motif sert surtout pendant la première année, avant que le droit de résiliation à tout moment ne s'ouvre ; au-delà, l'article L113-15-2 est plus simple à mettre en œuvre, sans motif à justifier.
Éviter le trou de couverture : ce que fait le cabinet
La règle qui commande tout le reste : le nouveau contrat prend effet avant que l'ancien ne cesse, jamais après. L'obligation d'assurance de responsabilité civile automobile de l'article L211-1 ne connaît pas d'interruption tolérée, et un véhicule sans contrat entre deux dates est un véhicule non assuré, même une nuit. Service-public.fr le formule ainsi : pour rester assuré sans interruption, la loi impose de souscrire la nouvelle assurance qui prendra le relais avant de résilier l'actuelle, et c'est le nouvel assureur qui envoie la demande de résiliation à l'ancien.
Le cabinet commence par lire votre contrat actuel : date de première souscription, date d'échéance, avis d'échéance reçu ou non, usage déclaré. De cette lecture dépend la voie ouverte : résiliation à tout moment après un an, résiliation à l'échéance avec deux mois de préavis, suspension puis résiliation après une vente, ou événement de l'article L113-16 dans les trois mois. Nous vous disons laquelle s'applique et à quelle date l'ancien contrat cessera réellement.
Nous présentons ensuite votre dossier aux assureurs susceptibles de le traiter, avec votre relevé d'informations, et sans pouvoir préjuger de leur réponse : la décision de souscrire appartient à chaque compagnie. Une fois le nouveau contrat signé, nous préparons et transmettons la demande de résiliation pour le compte du nouvel assureur, en calant sa prise d'effet sur la date de fin de l'ancien contrat. L'ancien assureur confirme par écrit la réception de la notification (article L113-14, I). Lorsque la résiliation est accomplie par la fonctionnalité électronique de l'assureur, il vous informe en outre, sur support durable, de la date à laquelle le contrat prend fin (article L113-14, II).
Ce que nous ne faisons pas : résilier l'ancien contrat avant que le nouveau ne soit signé, annoncer une date au nom d'un assureur, ou vous rappeler plus d'une fois après l'étude.
