L'assurance doit exister avant la livraison
L'article L211-1 du code des assurances impose à toute personne dont la responsabilité civile peut être engagée du fait d'un véhicule terrestre à moteur d'être assurée pour le faire circuler. Le texte ne prévoit aucun délai de grâce pour une voiture qui sort de concession : le premier kilomètre est une mise en circulation. D'où la demande du vendeur, avant de remettre les clés, d'un justificatif d'assurance au nom de l'acheteur.
Ce n'est pas une habitude commerciale. Service-public.fr indique que, pour un véhicule neuf acheté en France, la demande d'immatriculation est le plus souvent effectuée auprès du professionnel qui vend le véhicule, que vous disposez d'un mois pour la faire, et que le demandeur certifie sur l'honneur avoir une attestation d'assurance du véhicule et un permis correspondant à sa catégorie. L'assurance précède donc l'immatriculation, et non l'inverse.
Le certificat provisoire d'immatriculation fait le pont. D'après la fiche que Service-public.fr lui consacre, il est mis à disposition par le téléservice de l'ANTS, à imprimer, ou remis par un professionnel habilité, et permet de circuler en France uniquement, pendant un mois, en attendant le certificat définitif. Pour l'assureur, il suffit : le contrat est établi sur l'immatriculation provisoire et le numéro de série du bon de commande, puis mis à jour à réception du certificat définitif.
Reste la preuve. Depuis le 1er avril 2024, indique Service-public.fr, la carte verte n'est plus délivrée ni exigée pour les véhicules immatriculés : la preuve résulte du fichier des véhicules assurés ou, temporairement, du document remis par l'assureur à la souscription, valable quinze jours. C'est ce document que le concessionnaire attend.
Les garanties qui comptent les premières années
Une voiture neuve concentre sa valeur dans ses premiers mois. Une formule au tiers couvre les dommages que vous causez aux autres, pas ceux que subit votre voiture. Une formule tous risques ajoute les dommages au véhicule assuré, y compris sans tiers identifié ou en cas de faute du conducteur, sous déduction d'une franchise dont la page voisine détaille le mécanisme. Vol, incendie, bris de glace et événements climatiques sont inclus ou souscrits à part, selon les contrats.
La garantie valeur à neuf demande une lecture attentive. Sans elle, en cas de perte totale, l'assureur indemnise sur la base de la valeur de remplacement fixée à dire d'expert, soit le prix d'un véhicule équivalent d'occasion, qui baisse dès la sortie de concession. La garantie valeur à neuf remplace cette base par le prix d'achat porté sur la facture, ou par le prix d'un véhicule neuf identique, pendant une durée que chaque contrat fixe et compte à partir de la première mise en circulation. Passé ce délai, certains contrats prévoient une valeur majorée dégressive, d'autres reviennent à la valeur de remplacement.
Les conditions varient : véhicule acheté neuf, premier propriétaire, parfois un plafond de kilométrage, souvent une application limitée à certains sinistres. « Valeur d'achat », « valeur à neuf » et « valeur majorée » ne désignent pas la même chose d'un assureur à l'autre : c'est la définition écrite aux conditions générales qui compte, pas le nom de l'option.
Trois autres garanties comptent. Le vol : les contrats posent des conditions d'effraction, de moyens de protection et de conservation des clés. L'assistance : une assistance qui joue dès le domicile, sans distance minimale, et un véhicule de remplacement pendant l'immobilisation. Le contenu et les équipements : accessoires ajoutés après l'achat, attelage, jantes, effets personnels sont souvent à déclarer pour être couverts, jusqu'à un plafond propre au contrat. La garantie du conducteur, qui indemnise vos propres blessures sans tiers responsable, complète l'ensemble.
Leasing, LOA, LLD : ce que le bailleur exige
En location avec option d'achat ou en location longue durée, vous n'êtes pas propriétaire : le bailleur le reste jusqu'à la levée d'option ou à la restitution. L'obligation légale de l'article L211-1 pèse sur vous, qui avez la garde du véhicule. S'y ajoute une obligation contractuelle : le contrat de location impose au locataire d'assurer le véhicule, le plus souvent en tous risques, et prévoit que l'indemnité versée en cas de perte totale revienne au bailleur.
C'est là qu'intervient la garantie perte financière. En cas de perte totale, l'assureur auto verse la valeur de remplacement du véhicule, à dire d'expert. Le contrat de location, lui, réclame au locataire les loyers restant dus et la valeur résiduelle, ou une indemnité de résiliation anticipée. L'écart reste à la charge du locataire. La garantie perte financière couvre cet écart, dans les limites que le contrat lui donne. Elle peut figurer dans le contrat de location ou dans le contrat d'assurance auto : il faut vérifier où elle se trouve pour ne pas la payer deux fois, ni la croire acquise à tort.
Le contrat de location fixe aussi les règles de restitution : les dommages non réparés au retour sont facturés par le bailleur, ce qui donne du poids à la formule tous risques et au niveau de franchise. Il indique enfin si le locataire choisit librement son assureur, cas le plus fréquent, ou si une assurance est intégrée aux loyers. Une garantie exigée par le bailleur et absente du contrat d'assurance devient un problème le jour du sinistre.
Voiture immobilisée au garage : l'obligation ne s'arrête pas
Une voiture neuve qui attend au garage, le temps d'un long séjour ou d'un permis à obtenir, reste un véhicule terrestre à moteur au sens de l'article L211-1, qui impose que l'assurance couvre toute personne ayant la garde ou la conduite du véhicule, même non autorisée. Service-public.fr le dit sans détour : le propriétaire d'un véhicule destiné à circuler en France doit l'assurer, même si le véhicule n'est pas utilisé pendant une longue période ou s'il est stationné dans un garage privé.
La même fiche précise la seule exception : l'obligation ne s'applique pas si le véhicule est manifestement hors d'état de circuler, par exemple moteur retiré ou absence de roues, et le propriétaire doit pouvoir prouver qu'il est impossible de le mettre en circulation. Une voiture neuve garée avec ses roues n'entre pas dans ce cas. Un véhicule au garage peut prendre feu et gagner le logement voisin, être volé puis provoquer un accident, ou être conduit par un proche sans votre accord : la responsabilité civile du contrat répond ; sans contrat, c'est vous.
Il n'existe pas de suspension sauvage : cesser de payer ne suspend pas le contrat. À défaut de paiement d'une prime dans les dix jours de son échéance, l'assureur adresse une mise en demeure ; la garantie est suspendue trente jours plus tard et l'assureur peut résilier le contrat dix jours après l'expiration de ce délai (article L113-3 du code des assurances). Une résiliation pour non-paiement est une information que le nouvel assureur vous demandera de déclarer. La bonne démarche est de demander une formule adaptée à l'immobilisation, responsabilité civile seule ou avec vol et incendie, avec déclaration du lieu de stationnement. Autre point, d'après l'article 9 de l'annexe à l'article A121-1 : si le contrat est interrompu ou suspendu, le coefficient de l'échéance précédente reste acquis, mais aucune réduction nouvelle n'est appliquée, sauf si l'interruption ou la suspension est au plus égale à trois mois.
Ce que le cabinet fait pour une voiture neuve
Caler l'attestation sur la livraison. Dès le bon de commande, nous relevons le numéro de série, la date de livraison et le mode de financement. Le contrat prend effet le jour de la remise des clés ; le document remis par l'assureur à la souscription, valable quinze jours d'après Service-public.fr, est transmis au concessionnaire, et le contrat est mis à jour à réception du certificat d'immatriculation définitif.
Comparer les clauses valeur à neuf plutôt que leur nom. Pour chaque contrat étudié, nous relevons la durée de la garantie, sa base de calcul, ses conditions d'accès, les sinistres qu'elle vise, la franchise applicable et, en LOA ou LLD, son articulation avec la garantie perte financière. La décision de souscription appartient à l'assureur : nous ne promettons pas son accord.
Transférer le bonus et régler le sort de l'ancienne voiture. L'article 10 de l'annexe à l'article A121-1 prévoit le transfert automatique du coefficient de réduction-majoration en cas de remplacement du véhicule ou d'acquisition d'un véhicule supplémentaire, si les conducteurs habituels restent les mêmes, sauf réduction de leur nombre. Si vous vendez l'ancienne voiture, l'article L121-11 du code des assurances suspend de plein droit son contrat le lendemain de la vente à zéro heure ; chaque partie peut le résilier avec un préavis de dix jours et, faute de remise en vigueur ou de résiliation, il est résilié de plein droit six mois après la vente. Vous devez informer l'assureur de la date de vente. Deux voies s'ouvrent : un avenant de remplacement sur le contrat existant, ou un nouveau contrat appuyé sur le relevé d'informations que l'assureur fournit dans les quinze jours de votre demande (annexe à l'article A121-1, article 12).
