Particuliers · Assurance habitation

    Déclarer un sinistre habitation : les délais à tenir, les pièces à réunir et ce qui se passe ensuite

    Une fuite chez le voisin du dessus, une porte fracturée, une toiture arrachée par le vent : vous devez prévenir votre assureur, et vous ne savez ni quand, ni comment, ni ce qu'il faut garder. Cette page suit l'ordre des choses : les premières heures, le délai légal de déclaration, les cas particuliers du dégât des eaux, du vol, de l'incendie, de la tempête et de la catastrophe naturelle, puis ce qu'un courtier fait à vos côtés, et ce qu'il ne fait pas.

    L'essentiel en quatre points

    • Vous devez donner avis du sinistre à l'assureur dès que vous en avez connaissance, et au plus tard dans le délai fixé par votre contrat. Ce délai ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés (code des assurances, article L113-2).
    • En cas de vol, le délai minimal est ramené à deux jours ouvrés (même article). Pour une catastrophe naturelle, la déclaration doit intervenir au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel (article L125-2).
    • Une déclaration tardive n'entraîne pas automatiquement la perte de la garantie : la déchéance doit être prévue par une clause du contrat, et l'assureur doit établir que le retard lui a causé un préjudice (article L113-2).
    • Avant toute chose : mettre en sécurité, ne rien jeter, photographier, conserver les factures. Les réparations d'urgence sont possibles ; les réparations définitives attendent l'accord de l'assureur ou le passage de l'expert.

    Les premières heures : sécuriser, conserver, prouver

    Avant de penser à l'assurance, on arrête le dommage : couper l'eau et l'électricité de la pièce touchée, laisser les secours intervenir, bâcher une toiture si c'est possible sans danger. Ces mesures d'urgence ne compromettent pas l'indemnisation : elles limitent l'aggravation, ce que le contrat attend de vous.

    Ensuite, on ne jette rien. Un meuble gorgé d'eau, un appareil noirci, une porte forcée sont des preuves que l'assureur ou son expert peut demander à voir. Si vous devez les déplacer, photographiez-les d'abord, sous plusieurs angles, avec un repère d'échelle.

    Réunissez enfin ce qui prouve l'existence et la valeur de ce qui est abîmé ou disparu : factures, bons de garantie, relevés bancaires, photos antérieures du logement. Un inventaire écrit, pièce par pièce, vaut mieux qu'une liste dictée au téléphone.

    • Dégât des eaux : prévenir le voisin concerné, le syndic ou le gestionnaire si l'immeuble est en copropriété, et le propriétaire si vous êtes locataire.
    • Vol, tentative de vol ou vandalisme : déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie ou en ligne ; le récépissé sera demandé par l'assureur.
    • Incendie ou explosion : noter la date, l'heure et le lieu du sinistre, et, si les secours sont intervenus, leur demander s'il existe un rapport d'intervention, utile pour dater et localiser les faits.
    • Tempête, grêle, neige : conserver les éléments tombés (tuiles, branches) et relever les bulletins météorologiques du jour.

    Le délai légal de déclaration, et la forme à respecter

    L'article L113-2 du code des assurances oblige l'assuré à donner avis à l'assureur, dès qu'il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. Il est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. Votre contrat peut prévoir plus long, jamais plus court.

    Le point de départ est le moment où vous avez eu connaissance du sinistre, pas celui où il s'est produit : une fuite découverte au retour de vacances se déclare à compter de la découverte, à charge pour vous de pouvoir l'établir. Pour une catastrophe naturelle, le délai est différent : au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel (article L125-2).

    La forme : le contrat précise les canaux acceptés, en agence, par courrier, par espace client ou par téléphone. Un appel ouvre le dossier vite mais ne laisse pas de trace. La bonne pratique est d'appeler puis de confirmer par écrit, en indiquant le numéro de contrat, la date de la découverte, la nature du sinistre, une première description des dommages et les coordonnées des tiers concernés. Gardez une copie.

    Et si vous déclarez trop tard ? La loi est plus mesurée que la crainte courante. La déchéance pour déclaration tardive ne peut être opposée que si une clause du contrat la prévoit, et seulement si l'assureur établit que le retard lui a causé un préjudice. Elle ne peut jamais l'être quand le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure (article L113-2). Un retard n'est donc pas une condamnation, mais il donne un argument à l'assureur ; mieux vaut ne pas le lui offrir.

    Le dégât des eaux : constat amiable, recherche de fuite, copropriété

    Le dégât des eaux est le sinistre habitation le plus fréquent, et le plus souvent partagé : l'eau vient de chez un voisin, d'une canalisation commune, d'une toiture. La fiche service-public rappelle le délai de cinq jours ouvrés à compter de la découverte et les premiers gestes : arrêter la fuite, prévenir le voisin dont provient l'eau, engager les réparations d'urgence.

    Le constat amiable dégât des eaux est un document facultatif, rempli avec l'occupant d'où vient l'eau et, le cas échéant, le syndic. Il n'a pas de modèle officiel ; chaque assureur fournit le sien. Il décrit les lieux, l'origine présumée et les dommages de chaque côté sans trancher les responsabilités, que l'assureur apprécie ensuite, et il accélère le traitement parce que les assureurs concernés reçoivent la même description. Remplissez-le même si le voisin traîne.

    Quand l'origine n'est pas visible, une recherche de fuite peut être nécessaire. Sa prise en charge dépend de votre contrat et, en copropriété, de la localisation de la fuite, partie privative ou commune, et de la qualité de l'occupant. Lisez la garantie avant de commander l'intervention, ou demandez-nous de le faire.

    Entre assureurs, une convention professionnelle règle la prise en charge et les recours dans la plupart des dégâts des eaux entre logements : votre propre assureur vous indemnise le plus souvent selon votre contrat, puis exerce ou non un recours selon les règles de cette convention. Vous n'avez pas à la connaître ; c'est votre contrat qui fixe ce que vous touchez, d'où l'intérêt de le relire.

    Vol, incendie, tempête, catastrophe naturelle : ce qui change

    Vol et vandalisme. Pour le vol, le délai minimal tombe à deux jours ouvrés (article L113-2) ; pour un acte de vandalisme sans vol, c'est le délai de droit commun de votre contrat qui s'applique, et il ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. L'assureur demandera le récépissé de plainte, des photos des traces d'effraction, les justificatifs des biens dérobés et les devis de remise en état. La garantie vol n'est pas dans tous les contrats de base ; quand elle y est, elle suppose en général une effraction, une escalade, une menace ou une entrée clandestine, et le respect des moyens de protection exigés au contrat. Une porte laissée ouverte ou un logement inoccupé au-delà de la durée prévue peuvent fonder une exclusion.

    Incendie et explosion. Cinq jours ouvrés, une description datée du sinistre, un état estimatif des biens détruits ou détériorés, des devis ; le rapport d'intervention des secours, s'il existe, s'y ajoute utilement. L'assureur missionne le plus souvent un expert, et l'indemnisation se fait en général en deux temps, une provision puis un solde. La vétusté et le mode d'indemnisation, valeur d'usage ou valeur à neuf, se lisent dans vos conditions.

    Tempête, grêle, neige. Les effets du vent relèvent de la garantie tempête, que la loi attache aux contrats couvrant l'incendie ou les dommages aux biens (article L122-7) ; la grêle et le poids de la neige relèvent, selon les contrats, de cette garantie ou d'une garantie voisine. Ces événements sont distincts de la catastrophe naturelle, sauf les vents cycloniques les plus violents définis par le même article, et se déclarent dans le délai contractuel de droit commun. Conservez les éléments tombés et les relevés météorologiques du jour.

    Catastrophe naturelle. Inondation, coulée de boue, sécheresse : la garantie ne joue qu'après un arrêté interministériel publié au Journal officiel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle pour votre commune et la période concernée. Vous déclarez dès que vous avez connaissance du sinistre et au plus tard trente jours après cette publication (article L125-2). Le fonctionnement de la garantie, son périmètre pour la sécheresse et la franchise fixée par la réglementation sont détaillés sur la page voisine « Fissures de sécheresse », en bas de cette page.

    Dans tous ces cas, trois mécanismes reviennent. L'expertise : l'assureur peut la décider et en supporte le coût ; vous pouvez vous faire assister d'un expert de votre choix, à vos frais sauf clause contraire. La franchise : celle du contrat, hors catastrophe naturelle, où elle est fixée par la réglementation. La vétusté : sauf garantie valeur à neuf, l'indemnité est réduite de l'usure du bien.

    Ce que fait le courtier, et ce qu'il ne fait pas

    Avant la déclaration, nous relisons vos conditions particulières et générales pour vous dire ce qui est couvert, sous quelle franchise, avec quel mode d'indemnisation, et quels moyens de protection ou obligations vous devez pouvoir justifier. Cette relecture évite de déclarer à côté, ou d'omettre une garantie annexe comme le relogement ou les frais de recherche de fuite.

    Pendant la déclaration, nous vous aidons à rédiger le courrier, à dater les faits, à remplir le constat amiable, à constituer l'inventaire. Pour les contrats souscrits par notre intermédiaire, nous sommes l'interlocuteur de l'assureur : ouverture du dossier, désignation de l'expert, délais de réponse. Nous préparons la visite d'expertise avec vous et nous relisons le rapport avant l'offre.

    Après l'offre, si la position de l'assureur nous paraît discutable, nous vous aidons à formuler une réclamation écrite argumentée, à demander une contre-expertise quand elle a un sens, et, si le désaccord persiste, à saisir La Médiation de l'Assurance, gratuite, qui suppose d'avoir d'abord adressé une réclamation écrite à l'assureur.

    Ce que nous ne faisons pas, pour que ce soit clair. Nous n'indemnisons pas : l'indemnité vient de l'assureur, dans les conditions du contrat. Nous ne nous substituons pas à l'expert : l'évaluation des dommages lui appartient. Nous ne pouvons pas faire prendre en charge un sinistre exclu ou hors garantie. Et changer d'assureur en cours de sinistre ne transfère pas le sinistre : c'est le contrat en vigueur au jour de l'événement qui s'applique.

    Votre demande, concrètement

    Ce que nous vous demanderons

    Pour relire votre contrat et préparer la déclaration, quelques documents que vous avez déjà. Envoyez-les par courriel ou par WhatsApp, sans rien ressaisir.

    • Vos conditions particulières et, si vous les avez, les conditions générales de votre contrat habitation.
    • La date et l'heure auxquelles vous avez découvert le sinistre, et ce que vous avez fait depuis.
    • Des photos datées des dommages, et les justificatifs des biens touchés : factures, garanties, relevés.
    • Selon le cas : le récépissé de plainte, le rapport d'intervention des secours s'il existe, le constat amiable même incomplet, les coordonnées du voisin ou du syndic.
    • Les échanges déjà eus avec l'assureur, et le rapport d'expertise s'il existe.

    Ce qui se passe après votre demande

    Vous nous écrivez depuis le formulaire de contact ou par WhatsApp. Il ne s'agit pas d'un devis : c'est une relecture de votre contrat au regard du sinistre, que votre contrat ait été souscrit chez nous ou ailleurs.

    1. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées. Vos coordonnées ne sont transmises à personne.
    2. Nous relisons vos conditions particulières et nous vous disons, par écrit, sous quelle garantie déclarer, quel délai s'applique et quelles pièces joindre.
    3. Nous relisons ou préparons avec vous le courrier de déclaration, daté, et le constat amiable s'il y en a un. Pour les contrats souscrits par notre intermédiaire, nous le transmettons à l'assureur et nous suivons le dossier jusqu'à l'offre.
    4. Si votre contrat n'a pas été souscrit par notre intermédiaire, nous vous disons ce que vous pouvez attendre de votre assureur et comment le lui demander ; le suivi du dossier reste entre vous et lui. Si votre contrat mérite d'être revu, ce sera pour l'avenir, jamais pour le sinistre en cours.

    Demander une étude

    Vos questions

    Dans le délai fixé par votre contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés à compter du jour où vous découvrez le dégât, pas du jour où la fuite a commencé (code des assurances, article L113-2 ; fiche service-public sur le dégât des eaux). Concrètement : prévenez l'assureur dès le premier jour, même sans connaître l'origine de l'eau ni l'étendue des dommages, puis complétez par écrit. Notez la date et l'heure de la découverte et ce qui vous a permis de la constater, car c'est ce que l'assureur pourra vous demander d'établir. Le constat amiable, s'il est rempli, peut suivre de quelques jours.

    Pour les réparations d'urgence qui empêchent l'aggravation, non : couper une canalisation, bâcher une toiture, sécuriser une porte forcée se font sans attendre, et n'empêchent pas l'indemnisation. Pour les réparations définitives, oui, sauf accord écrit de l'assureur : l'expert ou l'assureur doit pouvoir constater les dommages. Si vous devez intervenir avant, photographiez tout, conservez les éléments remplacés et les factures, et informez l'assureur des travaux engagés.

    Non : aucun texte ne l'impose et il n'existe pas de modèle officiel. Ce qui compte, c'est votre déclaration à votre propre assureur dans le délai. Remplissez-le tout de même, seul si le voisin ne signe pas : il évite que deux assureurs travaillent sur deux descriptions différentes des mêmes lieux, et il ne tranche pas les responsabilités, que l'assureur apprécie ensuite.

    Pas automatiquement. Pour vous opposer la déchéance, l'assureur doit pouvoir s'appuyer sur une clause de votre contrat qui la prévoit et établir que le retard lui a causé un préjudice ; elle ne peut jamais être opposée quand le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure (article L113-2). En pratique : déclarez sans attendre davantage, expliquez la cause du retard par écrit et joignez ce qui la justifie, comme une hospitalisation ou une absence prolongée. Nous relisons la clause de votre contrat avant votre réponse à l'assureur.

    Par écrit, en deux temps. D'abord une réclamation adressée au service indiqué dans votre contrat, qui rappelle les faits, la garantie invoquée et ce que vous demandez, avec copie des pièces ; datez-la et gardez-en copie, car les délais qui suivent se comptent à partir d'elle. Si la réponse ne vous convient pas, ou si elle n'est pas venue dans les deux mois, La Médiation de l'Assurance peut être saisie gratuitement, dans l'année qui suit votre réclamation écrite à l'assureur. Si le désaccord porte sur le chiffrage, une contre-expertise avec un expert de votre choix peut être demandée en parallèle. Nous rédigeons la réclamation avec vous et constituons le dossier de médiation.

    Cela dépend de la définition du vol dans votre contrat. La plupart des garanties couvrent le vol par effraction, par escalade, avec menaces ou violences, ou par entrée clandestine ; sans trace d'effraction, tout se joue sur cette rédaction, sur les exclusions, comme la porte laissée ouverte, et sur les moyens de protection exigés au contrat. Dans tous les cas, déposez plainte et déclarez dans le délai fixé par votre contrat, qui ne peut être inférieur à deux jours ouvrés en cas de vol (article L113-2) : un dossier hors délai donne un argument à l'assureur avant même l'examen de la garantie. Nous relisons avec vous la définition du vol et les exclusions de vos conditions avant la déclaration.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Code des assurances, article L113-2

      Obligation de donner avis du sinistre dès connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, ramené à deux jours ouvrés en cas de vol ; prolongation d'un commun accord ; déchéance pour déclaration tardive seulement si une clause la prévoit et si l'assureur établit un préjudice, jamais en cas fortuit ou de force majeure.

      Consulté le .

    2. Code des assurances, article L122-7

      Garantie contre les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones attachée aux contrats couvrant l'incendie ou les dommages aux biens ; les événements cycloniques de très forte intensité relèvent du régime des catastrophes naturelles.

      Consulté le .

    3. Code des assurances, article L125-2

      Déclaration du sinistre catastrophe naturelle dès connaissance et au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté ; délais de l'assureur ; contre-expertise.

      Consulté le .

    4. Service-public.fr — assurance habitation : dégât des eaux

      Délai de déclaration de cinq jours ouvrés ; premiers gestes ; constat amiable facultatif sans modèle officiel ; recherche de fuite et copropriété.

      Consulté le .

    5. Service-public.fr — assurance habitation et vol : conditions de prise en charge

      Délai de déclaration de deux jours ouvrés ; dépôt de plainte ; pièces à fournir ; exclusions usuelles (négligence, moyens de protection, inoccupation).

      Consulté le .

    6. Service-public.fr — assurance habitation : incendie ou explosion

      Délai de déclaration de cinq jours ouvrés ; contenu de la déclaration (description datée, état estimatif des biens détruits ou détériorés, dégâts aux tiers) ; expertise et indemnisation.

      Consulté le .

    7. Service-public.fr — catastrophe naturelle : déclaration et franchise

      Déclaration au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté ; franchise légale des habitations.

      Consulté le .

    8. La Médiation de l'Assurance — la médiation étape par étape

      Saisine gratuite pour l'assuré ; réclamation écrite préalable à l'assureur, restée sans réponse depuis plus de deux mois ou dont la réponse ne satisfait pas l'assuré, et datant de moins d'un an.

      Consulté le .

    Relire mon contrat avant ou après un sinistre

    Envoyez-nous vos conditions particulières et des photos datées des dommages, par le formulaire ou par WhatsApp. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées, et vous dit par écrit sous quelle garantie déclarer, quel délai s'applique et quelles pièces joindre. Relecture gratuite, sans engagement, sans démarchage.