Particuliers · Prévoyance

    Assurance décès et contrat obsèques : deux contrats différents, pour deux besoins que l'on confond

    Protéger vos proches si vous veniez à disparaître, ou leur épargner l'avance et l'organisation de vos funérailles : ces deux intentions ne relèvent pas du même contrat. Cette page explique ce que fait chacun, ce que le régime obligatoire verse déjà, les clauses à lire, et ce que le cabinet vérifie avant de proposer l'un, l'autre, ou aucun des deux.

    L'essentiel en quatre points

    • L'assurance décès est un contrat de prévoyance : au décès de l'assuré, un capital fixé à la souscription est versé au bénéficiaire désigné (service-public.gouv.fr, fiche F35395).
    • Le contrat obsèques ne couvre que les funérailles, en capital ou en prestations organisées à l'avance (fiche F17059).
    • Au décès d'un salarié du secteur privé, la Sécurité sociale verse un capital décès forfaitaire de 4 009 €, non soumis à l'impôt sur le revenu, sous conditions d'activité dans les trois mois précédant le décès (fiche F3005, vérifiée le 1er avril 2026).
    • Nous n'affichons aucune cotisation : elle dépend de l'âge, de la santé déclarée, du capital et de la durée. L'étude chiffre d'abord le besoin, et conclut parfois qu'un contrat existant suffit.

    Deux logiques : protéger les proches, ou financer les funérailles

    L'assurance décès répond à une question : si je disparais, de quoi mes proches auront-ils besoin pour continuer à vivre ? Le contrat prévoit un capital, parfois une rente, versé au bénéficiaire désigné et fixé d'après les revenus à remplacer. La fiche F35395 le résume : l'assurance-vie est de l'épargne, l'assurance décès de la prévoyance.

    Deux formes existent. La temporaire couvre une période définie, le temps où des enfants sont à charge par exemple ; si l'assuré est en vie au terme, le contrat s'éteint et les cotisations restent acquises à l'assureur. La vie entière garantit le versement quelle que soit la date du décès. Le choix dépend de la durée du besoin.

    Le contrat obsèques a un objet plus étroit. La fiche F17059 distingue le contrat en capital, qui verse une somme fixe que le bénéficiaire doit consacrer aux obsèques, et le contrat en prestations, qui finance et organise les funérailles selon les volontés du souscripteur. L'assurance décès remplace un revenu pendant des années ; le contrat obsèques règle une dépense unique.

    Ce que couvre déjà le régime obligatoire ou l'employeur

    Pour un salarié du secteur privé, la Sécurité sociale verse un capital décès aux proches. La fiche F3005, vérifiée le 1er avril 2026, en fixe les conditions : dans les trois mois précédant le décès, le défunt devait être salarié, indemnisé au titre du chômage, en arrêt indemnisé, titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle avec une incapacité d'au moins 66,66 %, ou d'une pension d'invalidité.

    Le montant est forfaitaire, 4 009 €, non soumis à l'impôt sur le revenu. Les bénéficiaires prioritaires sont les personnes à la charge effective, totale et permanente du défunt, dans l'ordre conjoint ou partenaire de Pacs, enfants, ascendants ; ils ont un mois pour le demander à la CPAM ou à la MSA, les autres bénéficiaires deux ans. Ce forfait ne dépend ni des charges ni du nombre d'enfants : l'écart avec ce dont vos proches auraient besoin, et pour combien d'années, est ce qu'une assurance décès couvre.

    Beaucoup de salariés ont aussi une prévoyance collective, mise en place par convention ou accord collectif, ratification d'un projet d'accord ou décision unilatérale de l'employeur (code de la sécurité sociale, article L911-1) : souvent un capital décès en multiple du salaire. Cette garantie ne suit pas le salarié au-delà de la portabilité prévue à l'article L911-8 : en cas de départ ouvrant droit au chômage, hors faute lourde, elle est maintenue gratuitement pendant la durée d'indemnisation, dans la limite de douze mois, puis cesse. Il faut la lire avant de souscrire, pour ne pas payer deux fois la même garantie.

    Les indépendants n'ont pas de contrat d'entreprise et ne relèvent pas de la fiche F3005 : artisans, commerçants et professions libérales dépendent des prestations décès de leur propre régime obligatoire, en général forfaitaires et sans lien avec le revenu à remplacer ; nous les vérifions avant de chiffrer. Les retraités du secteur privé qui n'exercent plus d'activité salariée ne remplissent en général plus les conditions de la fiche F3005 : pour eux, le besoin se chiffre le plus souvent sans ce forfait.

    Les points à lire avant de signer

    La clause bénéficiaire d'abord. La fiche F15268, consacrée à l'assurance-vie et fondée sur les mêmes articles du code des assurances, décrit deux rédactions : une clause type, « mon conjoint, à défaut par part égale mes enfants vivants ou représentés, à défaut mes héritiers », ou une clause nominative avec nom de naissance, prénoms, adresse, date et lieu de naissance. « Conjoint » désigne la personne mariée avec vous au jour du décès, ce qui exclut en principe le partenaire de Pacs et le concubin. Le bénéficiaire peut être modifié, sauf s'il a formellement accepté la clause, ce qui la rend irrévocable (article L132-9).

    La fiche F22395 cite deux cas de non-versement : le suicide de l'assuré au cours de la première année du contrat (article L132-7) et la condamnation du bénéficiaire pour avoir donné volontairement la mort à l'assuré (article L132-24). S'y ajoutent les exclusions de chaque contrat.

    Le questionnaire de santé conditionne l'acceptation et le tarif. La fiche F22394 rappelle ce que coûte une réponse inexacte : nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle, réduction de l'indemnité en cas d'erreur découverte après le sinistre (articles L113-1 à L113-17). Il est rempli auprès de l'assureur, jamais transmis au cabinet. Chaque contrat fixe aussi un âge limite et, pour un contrat obsèques, parfois un délai de carence, à lire dans les conditions générales.

    • Contrat obsèques en capital : vérifier si le capital est revalorisé. La fiche F17059 rappelle que le montant versé ne couvre pas forcément la totalité du coût des obsèques ; un capital fixé à la signature peut se révéler insuffisant le moment venu, et l'écart reste à la charge des proches.
    • Vérifier le mode de cotisation, unique, temporaire ou viagère : les cotisations sont en principe acquises à l'assureur, et un rachat, s'il est prévu, ne restitue pas l'ensemble des sommes versées.
    • Un contrat oublié se retrouve : la démarche R63577 permet de demander à l'Agira la recherche d'un contrat obsèques ; les assureurs répondent sous trois jours ouvrés.

    Qui a besoin de quoi : quatre situations

    Parents d'enfants mineurs : le besoin est un revenu de remplacement le temps où les enfants sont à charge. La réponse habituelle est une temporaire décès calée sur leur âge, nette de la prévoyance d'entreprise et du forfait du régime général, avec une clause visant les enfants « nés ou à naître ».

    Emprunteur : le prêt est déjà couvert par l'assurance emprunteur, qui rembourse la banque à hauteur de la quotité assurée. Une assurance décès pour le même prêt fait doublon.

    Indépendant sans prévoyance : ni contrat collectif ni capital décès de salarié ; le régime obligatoire d'un artisan, d'un commerçant ou d'un libéral prévoit ses propres prestations décès, en général forfaitaires et sans rapport avec le revenu à remplacer. La prévoyance d'indépendant couvre en un contrat l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès.

    Personne seule qui veut épargner à ses proches l'avance des frais : c'est le cas du contrat obsèques, à comparer avec une épargne dédiée, la banque du défunt pouvant prélever les frais d'obsèques sur ses comptes, sur facture, dans la limite de 5 965 € (fiche F17059).

    Ce que le courtier fait, et ce qu'il ne fait pas

    Nous chiffrons d'abord le besoin : revenus qui disparaîtraient, durée, charges qui resteraient, ce que verseraient déjà le régime général, la prévoyance d'entreprise et l'assurance emprunteur. Le calcul donne un capital cible et une durée.

    Nous comparons ensuite capital ou rente, temporaire ou vie entière, chez plusieurs assureurs ; nous relisons la clause bénéficiaire et vérifions exclusions, âge limite, revalorisation et sort des cotisations. Le code des assurances impose au distributeur de préciser par écrit les besoins du client et de motiver son conseil (article L521-4) ; l'étude écrite en est la trace.

    Nous ne donnons pas de conseil successoral ou fiscal individualisé : la fiscalité d'un capital dépend du contrat et des bénéficiaires, et l'articulation avec une succession relève du notaire.

    Votre demande, concrètement

    Ce que nous vous demanderons

    Peu de documents, et aucun questionnaire médical avant le choix d'un contrat : il est rempli ensuite auprès de l'assureur.

    • Votre situation : salarié, indépendant, retraité ; la composition du foyer et l'âge des enfants.
    • Les revenus à remplacer et les charges qui continueraient : loyer ou crédit, scolarité.
    • Votre prévoyance d'entreprise si vous êtes salarié : la notice remise par l'employeur.
    • Vos contrats existants : assurance emprunteur (quotités), assurance décès, contrat obsèques.

    Ce qui se passe après votre demande

    Dans le simulateur prévoyance, vous décrivez votre situation avant de laisser vos coordonnées. Aucune cotisation ne s'affiche.

    1. Un courtier vous rappelle une fois, sous 24 h ouvrées. Vos coordonnées ne sont transmises à personne.
    2. Vous recevez une étude écrite : le besoin chiffré, ce qui est déjà couvert, et deux ou trois propositions comparées si un contrat est utile.
    3. Rien n'est signé sur ce site. Le questionnaire de santé est rempli auprès de l'assureur, qui décide ensuite d'accepter le risque, de l'accepter avec des exclusions ou une majoration, ou de le refuser. Si vous retenez sa proposition, la souscription est signée électroniquement.
    4. Nous relisons la clause bénéficiaire à chaque changement de situation : mariage, naissance, séparation.

    Demander une étude

    Vos questions

    Cela dépend du besoin. Si des personnes dépendent de vos revenus, enfants, conjoint sans ressources propres, le besoin est un capital ou une rente qui les remplace pendant des années : c'est l'assurance décès. Si personne ne dépend de vous et que vous voulez seulement que vos proches n'aient ni à avancer ni à organiser vos funérailles, c'est le contrat obsèques, à comparer avec une épargne dédiée. Les deux peuvent coexister, mais l'un ne remplace pas l'autre.

    Le capital décès forfaitaire de la Sécurité sociale versé aux proches d'un salarié n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu, selon la fiche F3005 de service-public.gouv.fr. Pour le capital d'un contrat d'assurance décès ou obsèques, la réponse dépend du contrat, de la date des versements, de l'âge de l'assuré et de la situation des bénéficiaires ; nous ne donnons pas de règle générale. Votre notaire, ou le site impots.gouv.fr, vous répondra sur votre cas précis.

    Oui, tant que le bénéficiaire désigné n'a pas formellement accepté la clause. Une fois cette acceptation formalisée, par un avenant signé avec vous et l'assureur ou par un écrit entre vous et le bénéficiaire notifié à l'assureur, et possible seulement trente jours calendaires après la conclusion du contrat, la désignation devient irrévocable et vous ne pouvez plus la modifier seul (code des assurances, article L132-9, cité par la fiche F15268). Nous conseillons de relire la clause à chaque changement de situation familiale.

    Un capital forfaitaire de 4 009 €, non soumis à l'impôt sur le revenu, identique quel que soit le salaire (fiche F3005). Les situations qui ouvrent le droit, dont la rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle, et les délais de demande sont détaillés plus haut, section « Ce que couvre déjà le régime obligatoire ou l'employeur ». Un point qui n'y figure pas : entre bénéficiaires prioritaires de même rang, le capital est partagé.

    Dans un contrat obsèques en capital, les cotisations sont en principe acquises à l'assureur ; lorsqu'un rachat est prévu, il ne restitue pas l'ensemble des sommes versées. Avec des cotisations viagères, le total versé peut dépasser le capital garanti. C'est pourquoi nous comparons le coût total du contrat à une épargne disponible affectée au même usage avant de le recommander.

    L'assurance emprunteur rembourse la banque, à hauteur de la quotité assurée, et rien d'autre. Elle ne remplace pas les revenus dont vos proches auraient besoin pour vivre. Si personne ne dépend de vos revenus, elle peut suffire ; si des enfants sont à charge, le besoin au-delà du prêt reste à chiffrer. Nous faisons ce calcul avant de proposer quoi que ce soit.

    Textes cités sur cette page

    Les textes sont consultables gratuitement. La date indique le jour où le cabinet a vérifié la version en vigueur. Un texte peut évoluer après cette date : la version applicable est celle de Légifrance au jour de votre lecture.

    1. Service-public.gouv.fr — Capital décès versé pour le décès d'un salarié du secteur privé (fiche F3005)

      Conditions liées au défunt dans les trois mois précédant le décès, bénéficiaires prioritaires et non prioritaires, délais d'un mois et de deux ans, montant forfaitaire de 4 009 €, absence d'impôt sur le revenu. Fiche vérifiée le 1er avril 2026.

      Consulté le .

    2. Service-public.gouv.fr — Assurance-vie et assurance décès : comment les distinguer ? (fiche F35395)

      L'assurance décès est un contrat de prévoyance qui verse un capital fixé à la souscription aux bénéficiaires désignés ; l'assurance-vie est un produit d'épargne ; l'assurance obsèques ne couvre que les funérailles.

      Consulté le .

    3. Service-public.gouv.fr — Qui doit payer les frais d'obsèques ? (fiche F17059)

      Obligation des héritiers, contrat obsèques en capital ou en prestations, montant versé ne couvrant pas forcément la totalité du coût des obsèques, prélèvement des frais d'obsèques sur les comptes du défunt dans la limite de 5 965 €, recherche d'un contrat via l'Agira.

      Consulté le .

    4. Service-public.gouv.fr — Contrat d'assurance-vie : souscription (fiche F15268)

      Rédaction de la clause bénéficiaire, clause type ou nominative, sens du mot « conjoint », modification du bénéficiaire et irrévocabilité après acceptation (code des assurances, articles L132-8 à L132-19 et L132-9).

      Consulté le .

    5. Service-public.gouv.fr — Dans quels cas le décès de l'assuré n'entraîne-t-il pas le versement ? (fiche F22395)

      Suicide de l'assuré au cours de la première année du contrat (code des assurances, article L132-7) et condamnation du bénéficiaire pour avoir donné volontairement la mort à l'assuré (article L132-24).

      Consulté le .

    6. Service-public.gouv.fr — Assurance décès : que faut-il déclarer dans un questionnaire médical ? (fiche F22394)

      Contenu habituel du questionnaire, conséquences d'une fausse déclaration intentionnelle ou non (code des assurances, articles L112-1 à L112-11 et L113-1 à L113-17).

      Consulté le .

    7. Service-public.gouv.fr — Demander la recherche d'un contrat d'assurance obsèques (démarche R63577)

      Demande à l'Agira sur présentation de l'acte de décès ; réponse des assureurs sous trois jours ouvrés.

      Consulté le .

    8. Code de la sécurité sociale, article L911-1

      Garanties collectives de prévoyance des salariés : mise en place par convention ou accord collectif, ratification d'un projet d'accord ou décision unilatérale de l'employeur constatée par écrit.

      Consulté le .

    9. Code de la sécurité sociale, article L911-8

      Portabilité : maintien gratuit des garanties décès, incapacité et invalidité en cas de cessation du contrat de travail, hors faute lourde, ouvrant droit à l'assurance chômage, pendant la période d'indemnisation, dans la limite de douze mois.

      Consulté le .

    10. Code des assurances, article L521-4

      Devoir d'information et de conseil du distributeur : exigences et besoins précisés par écrit, conseil motivé.

      Consulté le .

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